Talons Aiguilles : Les jeunes créateurs examinés sous toutes les coutures

Le 22 mars se tenait la 24e édition du Concours de Jeunes Créateurs, organisé par l’association étudiante Talons Aiguilles. 500 spectateurs étaient rassemblés pour contempler les créations des (peut-être) grands couturiers de demain.

Des tenues très différentes, parfois inattendues, et aux couleurs splendides. Une musique tantôt inquiétante, tantôt dansante, mais finalement en phase avec le thème imposé, Paradis Toxique. Des mannequins au visage impassible et au regard vitreux. Des corps longilignes, parfois trop peu épais… Le tout sur un podium aux éclairages tournoyants, bordé de plusieurs rangées de spectateurs. Sans oublier un cocktail très appréciable après plus d’une heure de prestation. Pour sa 24e édition, ce Concours de Jeunes Créateurs a tout d’un grand ! Un vrai défilé de mode professionnel !

Cette année, l’évènement a lieu au Plais Rameau, réservé pour « son authenticité et son cachet » selon Mathilde et Clara, élèves à l’EDHEC et membres de l’association Talons Aiguilles. Et si le lieu n’a pas été choisi au hasard, les 20 candidats non plus : « Ils nous envoient un dossier, des croquis, des planches de tendance et des échantillons de matières. Il y a une sélection, et ceux qui sont pris finalisent leurs créations pour les présenter au défilé.” Le concours est ouvert à tous les jeunes créateurs, et même aux étudiants indépendants.

Quand le défilé commence, le silence se fait. La musique et les lumières colorées investissent la salle. De l’extérieur, le Palais Rameau doit avoir des allures de temple mystique. Une fois toutes les tenues présentées, le jury, composé de créateurs, blogueurs et représentants de marques, se retire pour délibérer. En attendant le verdict, les mannequins remontent sur le podium pour un défilé de lingerie haut en couleur : l’ambiance est plus détendue, et aide sans doute les participants à faire baisser la pression… Certains mannequins défilent avec un chien, la démarche est plus  improvisée et les regards impassibles laissent place à de grands sourires spontanés.

5 prix sont décernés : le prix indépendant, le prix étudiant, le prix accessoire, le prix ASOS et le prix Camaïeu. Les lauréats peuvent gagner de l’argent, des formations, des shootings, des coachings et des invitations chez de grandes marques. L’enjeu est de taille : il permet de mettre un pied dans le monde du travail et pourquoi pas de lancer sa carrière. Pari réussi pour une des gagnantes, dont la veste a fait craquer le jury : « On va accueillir Chloé pendant  3 mois chez nous. Au départ, on avait prévu de développer une robe mais finalement, ce sera peut-être une veste ! », déclare enthousiaste, un des membres du jury représentant Camaïeu.

Anaïs, jeune créatrice belge, n’a pas eu cette chance : «  J’ai fini mes études à la Haute école Francisco Ferrer en juin. Je viens de déposer ma marque et je cherchais un concours pour faire un peu de communication. » Mais cela ne l’empêche pas de fêter en famille sa participation.

Ouvert à tous, l’évènement peut aussi engendrer des vocations. Eulalie, étudiante en droit, pense se reconvertir dans le secteur de la mode : « Je suis venue il y a 2 ans avec mon père au Palais des Beaux-Arts, puis l’année d’après avec une amie. Et j’adore. Je finis ma licence et après, c’est décidé, j’attaque des études qui me permettront de travailler dans le milieu de la mode. »

Un défilé prometteur donc, que ce soit pour les recruteurs, les jeunes créateurs et les étudiants en reconversion. Dans le Palais Rameau, le temps d’une soirée, se sont peut-être révélés ceux qui nous habilleront demain…

Juliette Ovigneur

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