« Je boycotte Facebook ! »

Le mardi 28 février se tenait la journée internationale sans Facebook. Imaginée en 2011, cette initiative a du mal à séduire les internautes. Simon, étudiant en deuxième année de Licence Médias Culture et Communication à l’Université Catholique de Lille, et plein de bonne volonté, s’est prêté au jeu pour Circonflex Mag.

J’avais tout préparé. Date entourée en rouge sur mon calendrier. Post-it collés un peu partout sur les murs de mon studio. Alarmes avec rappels illimités sur mon portable. Surtout ne pas oublier ! Ne pas oublier que le 28 février serait consacré à ma cure de désintoxication. Après tout, ça ne pouvait pas me faire de mal, non ? Un jour sans Facebook. Un jour pour lutter contre ce démon qui nous dévore : la cyberdépendance au plus célèbre des réseaux sociaux.

08H. Un dernier regard pour mon ordi. Vite, couper le wifi… Et tout de suite, le train-train du matin qui en prend un coup. J’ai pour habitude de suivre mon fil d’actualité Facebook, c’est l’un de mes rituels immuables, mon petit plaisir matinal …  Et là … plus rien. Silence radio. Allo le monde ? Disparues, les contrefaçons des couvertures de Martine à la plage, les vidéos What The Fuck. Où est passée ma petite dose d’humour habituelle ? Mais une résolution est une résolution. Tenir le coup, envers et contre tout ! Aujourd’hui, je boycotte Facebook !

Ton seul lien avec le monde extérieur c’est Facebook.

12H. L’heure du déjeuner. Le moment de la pause. Qui dit pause… dit évidemment temps libre. Et quand on n’a rien à faire après avoir fini son sandwich… direction Facebook ! C’est un peu l’heure névralgique, puisque c’est à ce moment précis que ressurgissent les publications matinales. Ces fameux statuts que l’on rate car on est en cours (cela s’appelle l’assiduité au travail !) ou tout simplement parce que la Wi-Fi de l’université a décidé de faire grève.

12H, c‘est également l’heure de résurrection des dossiers qui te concernent. Mais si, on les connaît tous forcément, ces photos de nous dans des postures plutôt inconfortables (on appelle cela la PLS). Et c’est justement pour ça que j’aime zoner sur Facebook durant cette période de la journée. Surtout quand je sors d’une matinée éprouvante, et que je ne me suis toujours pas remis de la soirée de la veille. Dans ces moments-là, ton seul lien avec le monde extérieur, c’est Facebook. C’est justement dans cette situation que je me trouvais aujourd’hui … Et c’est le moment précis où le manque a commencé à prendre le dessus …

Je me suis senti bien seul.

19H… A peine rentré des cours, mon sac vole sur mon lit : J’EN AI MARRE ! Journée pourrie sous le ciel lillois. Et en plus, je dois bosser… Je m’empresse d’allumer mon PC, histoire d’être productif … et c’est le drame : alors que je suis tranquillement sur mon navigateur internet, que vois-je apparaitre en suggestion ? Facebook ! Envolée, ma concentration ! Impossible de penser à autre chose qu’à tout ce que j’ai l’habitude de faire à cette heure-ci sur ce f…. Réseau social. Aaaaah, les nouvelles vidéos de Malaise TV, Cassos Tv ; ooooooh, les statuts de Vice France, Stade 3 et du Gorafi. … Respirer un grand coup. Allez me servir un coca. Me passer un gant d’eau froide sur le visage. Et tenter de repartir sur la bonne voie.

00H. Enfin. Certes, après avoir bouclé mon travail, je me suis bien un peu perdu dans les tréfonds de Youtube (on le connait tous, ce moment où l’on finit comme par hasard sur une vidéo de Tellement Vrai). Mais Youtube n’est pas Facebook. J’ai donc réussi mon pari. Pourtant, je me suis senti bien seul : les médias n’en ont pratiquement pas parlé. Et c’est un comble, la promotion de cet événement s’est faite presque exclusivement… sur Facebook …

J’étais bien heureux de retrouver Facebook.

J+1, 6H40. Comme c’est étrange, je me suis réveillé tôt ce matin. Comme d’habitude, mon ordi traine à côté de mon lit. Comme d’habitude (sauf hier), je tends la main et le pose sur ma couette. Comme d’habitude (sauf hier), il s’ouvre sur ma page Facebook. Comme d’habitude (sauf hier), je vais être à la bourre pour me préparer. Et comme d’habitude … si ces journées, qui partent pourtant d’une bonne idée, ne rimaient pas à grand-chose ?

Le lendemain, j’étais bien heureux de retrouver Facebook. Cette journée, et les réflexions nocturnes m’avaient permis de prendre conscience que cette action, qui part d’une bonne idée, ne rime à rien. Les médias n’en parlent quasiment pas et chose cocasse, la promotion de cet événement se fait sur … Facebook. Bouder ce réseau social le temps d’un jour ne sert pas à grand-chose. Par contre, faire plus de prévention sur la cyberdépendance…. Ça serait bien plus ingénieux !

Pour en savoir plus sur cette journée mondiale c’est par ici.
Simon Goeken

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