Tout l’un mais pas l’autre

Lillois et Lillois, hilarant et tordant, frères et jumeaux,… Circonflex Mag a rencontré Steeven et Christopher, de leur nom de scène Les Jumeaux, au Spotlight à Lille à l’occasion de leur spectacle Ni l’un ni l’autre. Ils y parlent d’eux, discutent politique, mélangent les humours, maîtrisent imitations, caricatures, improvisations et chant !

Circonflex Mag : Comment vous différencie-t-on ?

Christopher : Notre mère a toujours su nous différencier, sauf sur les photos en bas âge où elle mettait un C ou un S. Mais quand on y pense, il se peut très bien qu’on nous ait déjà intervertis sans le faire exprès : notre père a eu un peu de mal la première année. Plus tard, Steeven a fait une tête de plus de moi, 10 cm tu t’imagines ? Alors que je faisais sport- étude…

Steeven : … et aujourd’hui il fait 2 cm de plus que moi ! Je trouve que l’on ne se ressemble pas tant que ça. Notre frère, lui, a toujours su nous différencier. Parfois, maman a un peu de mal, au téléphone, ou…

Christopher : …ou sinon à poil sous la douche, mais en général, y’a pas grand monde !

On voulait faire rire des gens que l’on ne connaissait pas.

CM : Vous avez toujours fait des spectacles d’humour ensemble, mais comment est-ce-que ça a commencé ?

C : On a débuté au collège par des sketches, des spectacles de fin d’année. Cela a vraiment pris forme pendant nos études. On a participé au festival de théâtre de l’ICAM.

S : Au collège et même en vacances ! C’est simple, la scène nous attirait. Mais tout a vraiment commencé ici, au Spotlight, lors des scènes ouvertes au printemps 2011. On voulait faire rire des gens que l’on ne connaissait pas…

CM : La famille n’en pouvait plus, n’est ce pas ?

C : Oui et puis c’était un vrai défi pour nous de ne plus reprendre des sketches de duos comme Eric et Ramzy, et d’écrire nos propres vannes !

Chacun son appart, chacun sa copine, chacun son chat.

CM : Vous passiez déjà énormément de temps ensemble alors ?

S : Pas tant que ça. Nos facs étaient à 200 mètres l’une de l’autre, c’est vrai, mais paradoxalement, on ne se voyait pas si souvent. On se retrouvait un jour dans la semaine pour manger ensemble, et le soir aussi, bien sûr.

C : On nous a séparé deux ans au collège, ça nous a appris à avoir chacun sa vie. Aujourd’hui, on s’adore, on travaille ensemble mais dès que l’on n’est plus au boulot, c’est chacun son appart, chacun sa copine, chacun son chat…

S : … et eux aussi sont jumeaux ! Nous ne sommes pas interdépendants, mais on s’entend très bien, au point d’avoir les mêmes amis.

CM : … mais pas les mêmes études…

C : On a testé le concours de Sciences Po, … il l’a eu et moi non. Alors que j’ai eu la mention Bien au bac et lui seulement Assez Bien ! Mais je n’étais pas trop déçu car je suis entré à la fac de droit, j’avais envie de devenir avocat. Et je le suis !

S : Et moi, je suis journaliste.

CM : Comment ont réagi vos parents à l’idée de vous voir devenir comédien ?

S : Ils nous ont toujours soutenus, sans nous mettre des bâtons dans les roues. Notre père a joué son rôle, il ne voulait pas que l’on s’enflamme trop vite car c’est quand même un métier difficile.

C : Et ils sont toujours là aujourd’hui : maman à la régie, notre frère sur le site internet. Ils ont même créé une association pour nous produire. Heureusement qu’ils étaient derrière nous au début. Et comme ça a vite marché pour nous, c’était plus facile pour eux d’y croire et de nous épauler.

On ne demande qu’à en rire a été notre formation.

CM : L’émission On ne demande qu’à en rire sur France 2 vous a aidé à devenir ce que vous êtes aujourd’hui ?

C : Ils organisaient des castings. Nous, on faisait déjà des scènes ouvertes, on avait chacun un métier, nous n’étions pas connus, et surtout on n’avait rien à perdre. Alors on s’est lancés ! On a envoyé une vidéo tournée dans notre salon, et on a été appelés en octobre 2011.

S : Ce jour-là, l’émission était en direct, il y avait dans le jury Jean-Luc Moreau, Catherine Barma, Jean Benguigui et Laurent Ruquier. On a eu des notes moyennes, mais on a pu passer au niveau suivant.

C : Quand on regarde ce sketch maintenant, on rigole bien, mais nous sommes des autodidactes, on n’a jamais pris de leçons de théâtres. O.N.D.A.R. a été notre formation. Ecrire un sketch dans ton salon pour le jouer devant 3 millions de personnes, c’est formateur comparé aux scènes ouvertes ! Grâce à l’émission, on a rencontré du beau monde, des humoristes, on a gagné en légitimité.

CM : Et travailler ensemble à longueur de journée, ce n’est pas compliqué parfois ?

S : L’avantage, c’est que l’on se connaît par cœur : je sais quand il va s’énerver et vice-versa. C’est parfois dur d’écrire ensemble, de se mettre d’accord sur les vannes et sur la manière de les amener… Il faut savoir mettre de l’huile…

C : … de l’huile sur le feu ! Il met de l’huile sur le feu et moi du vin dans son eau !

CM : Vous pourriez envisager un jour un One Man Show… ?

C : Si l’on devait se séparer je pense que l’on se dirigerait plus vers le théâtre, mais ce n’est pas d’actualité. C’est le début, on n’a que 5 ans après tout !

CM : Vous enchaînez Ni l’un ni l’autre jusqu’en février 2017, puis vous débutez un nouveau spectacle, pouvez-vous nous en dire plus ?

S et C (rires) : Non.

S : On est en train de l’écrire, et on n’est pas encore tout à fait sûrs de ce que l’on va faire sur scène. On veut surprendre les gens avec ce qu’ils attendent. C’est paradoxal mais on aimerait que le public d’habitués ne soit pas dérouté, et à la fois qu’il soit surpris. On se sent bien entouré, et on ne s’inquiète pas. On a gagné en maturité dans l’écriture, et puis on trouve beaucoup d’éléments du spectacle sur scène, en impro. C’est ce qui fait une bonne vanne. On se laissera une marge d’improvisation lors des premières représentations.

Dans ce nouveau spectacle on veut surprendre les gens avec ce qu’ils attendent.

CM : Vous-êtes vous déjà fait passer l’un pour l’autre sur scène ?

S : Oui, pas plus tard que mercredi dernier, au Spotlight, ! On a inversé les rôles le temps d’un soir : Ni l’autre ni l’un.

C : On ne se l’imagine peut-être pas mais cela peut être très dur, parfois, d’être assimilé à un seul être quand on est jumeau : le même visage, le même anniversaire … On aime bien avoir chacun sa personnalité. Pour l’anecdote, notre producteur voulait qu’on s’appelle Les Jumeaux. Steeven et moi, on préfèrait garder nos prénoms. Mais on s’est rendu compte que cela se retenait plus facilement, alors on a conservé Les Jumeaux mais en mettant nos prénoms sur les affiches tout de même.

S : On est deux comédiens sur scène, une entité, on le sait et on l’assume

CM : L’un des deux est-il plus drôle que l’autre ?

C (rires) : On pense, oui…

S : Cela dépend des personnages, on ne veut pas que l’un prenne le pas sur l’autre quand on est sur scène. Par exemple, Carla est plus drôle que Sarko, le journaliste est moins drôle que Hollande, alors on se répartit ces rôles équitablement. Et en dehors de la scène, Christopher est plus frontal, plus vannes-de-soirées, mêmes si les vannes bourrées ne sont pas les plus drôles…

C : Et toi, plus subjectif. On est complémentaires … Mais c’est moi le plus drôle !

Plus d'infos : 
Prochaine date : Au Spotlight le 30 Novembre
Mathilde Baron

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