Un Amour impossible avec Virgina Efira !

Le froid semble s’être bien installé dans nos contrées lilloises. Et si comme nous, vous avez du mal avec les températures qui frôlent le zéro degré, allez vous réfugier dans le cinéma le plus proche. Parmi tout ce que le 7ème art nous a offert ce mois-ci, Un amour impossible a retenu notre attention. Présente sur l’Arras Film Festival qui s’est déroulé du 2 au 11 novembre, l’équipe du film a joué le jeu des questions-réponses. Circonflex Mag vous raconte.

Adapté du roman autobiographique de Christine Angot par Catherine Corsini, le film nous fait découvrir l’histoire passionnelle et destructrice de Rachel (Virginie Efira) et Philippe (Niels Schneider). Avec comme toile de fond la France des années 50, Corsini évoque de nombreuses thématiques comme l’émancipation féminine, la lutte des classes mais aussi le rapport de pouvoir entre deux personnes.

Circonflex Mag : Cela a été difficile d’adapter le roman de Christine Angot ?

Catherine Corsini : Ce qui a été compliqué, c’était de maîtriser l’ampleur du récit qui se déroule sur un peu plus d’une décennie. J’ai dû faire quelques sacrifices. J’ai surtout voulu montrer la sociologie de la France des années 50, notamment à travers le personnage de Rachel qui est une femme très moderne pour son époque.

Mon désir de faire ce film vient de la lecture du roman.

Et vous, les acteurs, vous vous êtes inspirés des personnes du livre pour les incarner à l’écran ?

Virginie Efira : Moi, j’ai une histoire assez personnelle avec Rachel. En fait, j’ai lu le livre à sa sortie, il m’a vraiment bouleversé. Ce personnage m’est resté en tête. Et puis, quand j’ai su que Catherine faisait une adaptation, j’ai foncé. Je sentais que je comprenais Rachel, du moins assez pour me sentir proche d’elle.  Je pense que mon désir de faire ce film vient de la lecture du roman, mais c’est le travail avec Catherine qui m’a permis de porter ce personnage à l’écran.

Niels Schneider : Je n’ai pas lu le livre, je n’avais pas envie de m’enfermer dans le Philippe du roman. Je voulais vraiment m’approprier ce personnage en partant du scénario.

Virginie Efira présente sur l’Arras Film !

Le personnage qu’incarne Virginie est complexe, est-ce un rôle qui a été compliqué à jouer ?

Virginie Efira : C’est un rôle intense mais j’ai aimé l’incarner. Rachel est une femme qui a un gros complexe d’infériorité. Face à Philippe qui vient de la bourgeoisie et qui va la manipuler, elle va prendre de nombreux coups. Mais malgré sa souffrance, elle arrive quand même à trouver le bonheur. A travers sa fille, son travail qu’elle aime de plus en plus. Je pense que ce qui est dur pour un comédien, ce sont les personnages en deux dimensions, sans réelle psychologie. Là, c’était l’inverse.

C’est un pervers qui obéit aux lois de son clan.

Le personnage de Rachel semble toujours osciller entre soumission et indépendance dans ce film.

Virginie Efira : Personnellement, je pense qu’on peut être assujetti à un homme tout en ayant eu une éducation féministe. La dépendance de Rachel envers Philippe a plusieurs causes. Elle se soumet à lui, elle est impressionnée par lui. Pourtant, au fil du film, elle arrive à acquérir son indépendance. Je pense qu’elle cherche une liberté sans réellement oser l’assumer totalement, à cause de son amour pour Philippe.

Catherine Corsini : Oui, le but de l’histoire, c’est de voir comment cette femme s’émancipe. Philippe joue avec elle, il va l’abandonner et revenir incessamment pendant 10 ans. Il va battre le chaud et le froid.   Quand il la quitte pour la première fois, elle choisit de garder son enfant, qu’elle élève seule. A chaque coup dur, elle se relève. Je voulais vraiment montrer cette capacité incroyable qu’elle a pour avancer dans sa vie de mère et de femme.

Niels, votre personnage est ambivalent. Il est manipulateur, il semble vouloir détruire Rachel psychologiquement. Et pourtant, on dirait qu’il lui donne l’envie de se surpasser, de faire des choses dont elle ne se serait jamais crue capable.

Niels Schneider : Oui, la relation est ambiguë. C’est un pervers qui obéit aux lois de son clan, de sa famille aisée mais il y a une fusion avec Rachel qui est prolétaire. Il l’éveille à une foule de choses en matière de culture. Pourtant, il joue aussi sur son complexe d’infériorité. Avec lui, elle est à la fois soumise et résistante.  Je pense que c’est sa résistance qui  pousse Philippe à s’acharner sur elle. Il veut prendre l’ascendant, et leur relation va s’articuler comme une sorte de lutte de classe.

Vous avez découvert l’équipe d’Un amour impossible. Pour les retardataires, la bande annonce du film est ici :

 

Propos rapportés par Elisa Debray

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