Le dessein d’un artiste

« Le dessin est un exercice pour une imagination agitée », disait Tim Burton. Sous le crayon de cet artiste lillois, l’inspiration fait fleurir des cités imaginaires. Passionné depuis l’âge de 14 ans, il est aujourd’hui dessinateur urbain. Avec Circonflex, Vincent Lelievre a joué le jeu : à 10 questions courtes, 10 réponses courtes …

Pourquoi dessinateur urbain ?

Je ne peux pas l’expliquer. J’ai toujours eu une passion pour l’architecture et l’urbain. Certains commencent par dessiner une voiture, moi c’était une maison.

 

Ton univers ?

Il faut qu’un artiste ait un sujet, une particularité. Moi, c’est les cités imaginaires. Je n’aime pas recréer ce qui existe. Je recompose. Pour cela, je m’inspire d’architectures réelles, comme des façades japonaises ou new-yorkaises. Je chercherai toute ma vie la perfection dans mon domaine.  C’est pour ça que pour moi, chaque dessin est meilleur que le précédent.

 

Noir et blanc ?

Ma marque de fabrique.

 

Le Talent n’existe pas

 

Little House ?

C’est une série de 80 histoires environ. Deux personnages face à face : une petite maison et  New York. L’individualisme face au groupe. Tout a commencé par un croquis, un soir. Puis je l’ai posté sur Instagram et ça a eu un succès fou. Le public a réussi à lire entre les lignes de mon imaginaire. Ils lui ont  donné sa signification bluffante de vérité.

 

Du matin ou du soir ?

Très tôt le matin, à 5 ou 6h. Je travaille jusqu’à 8h. Je dessine moins qu’avant. Aujourd’hui, c’est l’administratif qui prime. A partir du moment où tu donnes de la visibilité à ton œuvre elle ne t’appartient plus vraiment. Parfois, j’aimerais revenir aux sources.

 

Des expositions ?

J’en ai fait plusieurs à Lille. Mais aussi à la Condition Publique de Roubaix il y a 2 ans, à Art up,  à Estelle Lebas et L’Incartade. Récemment j’ai aussi dessiné pour l’expo Corps de ville. Un thème, L’Homme dans la ville, mais une multitude de modèles. D’abord, Ignacio, Jeremy, puis des femmes et enfin des couples. Ignacio s’est allongé sur le sol du Grand Palais. Armé de mes feutres, j’ai sculpté inlassablement pendant 2 heures, une œuvre sur son corps.

 

 

Mais ma véritable vitrine, c’est Internet.  On est à l’air du numérique. Instagram a été un vrai tremplin, ça a été très vite en terme de followers :  45 k en 4/5 ans.

 

Des journaux ?

C’est marrant que tu en parles. Petite anecdote. J’étais sur L’ile de Ré. Je m’étais promis de ne pas dessiner. J’ai tenu 2 jours. Sur un petit carnet acheté au libraire du coin, j’ai représenté un cinéma sorti de mon imaginaire. Une semaine après, l’Express me contacte pour illustrer une nouvelle de Bernard Weber. Ils ont choisi mon croquis. J’ai aussi dessiné les plans de la ville de Lille et beaucoup dans la Voix du Nord. Une bonne première approche pour les touristes !

 

Une passion devenue métier ?

J’aime beaucoup offrir. Il m’arrive souvent de faire des jeux de pistes dans Lille. Je poste une story de l’endroit mystère. Celui qui trouve repart avec un de mes dessins. Mais il faut aussi en vivre. J’y arrive grâce aux commandes. Ma seule frustration : les clients veulent ton univers à leur sauce. D’ailleurs, je n’ai jamais vendu autant que pendant le confinement. Depuis deux jours ça recommence.

 

 

Cette œuvre-ci, vois-tu, représente le couvre-feu (voir photo). J’aime que mon art réponde à l’actualité.

 

A quoi dois-tu ton succès ?

Je crois que le talent n’existe pas, c’est la passion qui te transcende. Il faut aussi avoir de la chance. Etre là au bon endroit, au bon moment. Mais le plus important, ce sont les rencontres avec les bonnes personnes. Celles qui te veulent du bien. Moi, c’était Michel Degand. Un ami aujourd’hui. Après avoir vu mes dessins, cet artiste m’a dit « Tu as du potentiel, tu devrais lui donner de la visibilité ». Ça a été le déclic.

 

Des objectifs ?

Je me laisse transporter par ce qui m’arrive.


Vincent Lelièvre en 5 dates :
5 mars 1977 : Naissance à Béthune, France
2013 : Rencontre avec Michel Degand
Mars 2018 : Exposition à la Condition Publique de Roubaix dans le cadre d’Habitarium
Du 12 au 24 avril 2019 : Exposition Mi Galerie à Paris 
Du 2 au 28 septembre 2020 : Exposition Corps de ville au Touquet-Paris-Plage

 

Instagram : vincent_lelievre

Facebook: Vincent.lelievre.artist

 

Aurélia Petit

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