Chaussez vos chaussures pour chasser la violence !

Le 25 novembre marque La Journée Internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes. Mais Lille n’a pas attendu la date officielle pour mettre les femmes à l’honneur. Ce vendredi 15 novembre, au Parc de la Citadelle, se déroulait la Course Nocturne contre les violences faites aux femmes. Circonflex Mag y était.

Tout au long de ce mois de novembre, de nombreux événements ont animé la métropole lilloise pour dénoncer les violences à l’encontre des femmes. Pièces de théâtre, projections, débats, événements sportifs et conférences ont été organisés par la Ville de Lille et différentes associations dans le cadre d’une campagne de sensibilisation.  Et alors qu’avait été annoncé plus tôt dans la journée le 135ème féminicide depuis le 1er janvier, plus de 4000 personnes se sont réunies ce vendredi soir pour courir et soutenir les associations Osez le Féminisme 59 et Lille Métropole Athlétisme. Par seulement trois petits degrés, une ambiance chaleureuse et conviviale accueillait les courageux sportifs. Une pinte de bière au Quartier Libre, un échauffement sur des airs de zumba ou de Queen… à chacun sa technique pour combattre le froid.

Dès qu’il y a une grande cause à Lille, il y a du monde.

La Maire de Lille, Martine Aubry, a fait une apparition au début de l’événement. Son discours a débuté par un court rappel : la cause est bien plus grande et présente que l’on ne pourrait le croire : « Moi-même, ce matin, avec un collaborateur, nous nous sommes arrêtés dans la rue pour empêcher une femme d’être étranglée, c’était absolument terrifiant ». Elle a continué son discours rempli d’émotion et de détermination, et a proposé des moyens à mettre en place : « Je pense qu’il faut se tourner vers le bracelet anti-rapprochement mis en place en Espagne, qui permet à la femme de géolocaliser la personne qu’elle craint ».

Martine Aubry a pris la parole avant la course pour rappeler l’importance du sujet.

Une femme meurt tous les trois jours sous les coups de son conjoint, 90% des femmes en France disent se faire harceler. Dans le Nord, ce sont quatre femmes qui ont été tuées et plus de 4000 qui ont été victimes de violences depuis le début de l’année… Des statistiques qui prouvent que ce rendez-vous reste toujours d’actualité et Martine Aubry le dit et le répète : « Ce n’est tout simplement pas acceptable ». La Maire s’étonne et se réjouit de la présence d’autant de messieurs dans la foule des coureurs. Ils sont venus seuls, en couple, entre amis, en famille. Un élan de solidarité et de soutien qu’elle commente avec fierté : « Dès qu’il y a une grande cause à Lille, il y a du monde. »

 

« Nous voulons associer les hommes au féminisme, qui consiste, pour nous, à percevoir qu’il existe des inégalités entre les femmes et les hommes et à agir pour que cela change », explique Nathalie Niedzwialowska, l’une des membres du conseil d’administration d’Osez le Féminisme Lille. Le féminisme n’est donc pas qu’une histoire de femmes, il concerne la société toute entière. « Les droits des femmes ne sont pas à géométrie variable, ils sont les mêmes, qu’importe l’origine, la culture, la religion ou la catégorie sociale ». C’est ce que cherche à affirmer l’association à travers ses valeurs.

Il ne faut pas avoir peur d’en parler.

3, 2, 1, c’est parti… Tout d’abord pour une randonnée à 19h30, qui sera très vite suivie d’une première course de 10km à 20h et enfin d’une épreuve de 5km à 21h. Cette 1ère édition a séduit les Lillois et les Lilloises, qui n’ont pas hésité à braver le froid : « On est là par solidarité, parce qu’on est sensible à la cause et que l’on veut que ça cesse », explique Marine, une étudiante de 25 ans. D’autres participants n’en sont pas à leur première course : « Je suis une passionnée de course à pied, ça fait 20 ans que je cours pour des associations, raconte cette dame de 58 ans. Je pense que c’était important de venir soutenir cette cause, pour montrer qu’il ne faut pas avoir peur d’en parler. » Malgré des apparences très festives, cet événement est tout de même le reflet d’une population qui attend des changements concrets : « Quand on voit le nombre de femmes qui portent plainte et le nombre de drames que l’on aurait pu éviter, c’est clair qu’il faut que le système soit beaucoup plus réactif », conclut une autre participante.

Ils étaient 4000 à prendre le départ de la course.

Les fonds récoltés seront reversés aux différentes associations qui continuent d’accompagner les victimes, et qui font un travail de mobilisation et de sensibilisation quotidiennement auprès des citoyens. Et pour ceux qui souhaitent continuer le combat, il est encore temps de marcher pour la bonne cause. Le mouvement féministe Nous Toutes appelle à manifester contre les violences sexistes et sexuelles ce samedi 23 novembre.

Lauren Théodet

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