Kyan Khojandi Bref masterclass attends the Series Mania Festival on March 28, 2025 in Lille, France. Photo by Franck Castel /ABACAPRESS.COM Conference Discours Micro Conferences Micros Reunion Reunion Khojandi Kyan Khojandi Kyan | 942375_009 Lille France

Bref2. 13 ans plus tard : Clap de fin pour séries mania

Une longue file d’attente se forme sur la Grand Place de Lille ce vendredi. Les festivaliers les plus courageux patientent devant le Théâtre du Nord, sous la pluie, pour cette dernière conférence de l’édition 2025 de Séries Mania : Bref.2, 13 ans plus tard

La salle du Théâtre du Nord est pleine à craquer, les photographes s’installent au pied de la scène, Pierre Langlais s’assoit dans son fauteuil pour accueillir ses invités. Arrivent Kyan Kohjandi et Navo, co-auteurs et co-réalisateurs de Bref2, ainsi qu’Harry Tordjman, producteur de la série. Ils sont accueillis par une vague d’applaudissements. La fin du festival approche, le public est toujours aussi enthousiaste. « En parlant avec Harry, on s’est vraiment dit que le public lillois avait un cœur », clame Navo pour commencer en beauté ce début de conférence.

Bref.2, c’est la continuité de la première saison, sortie en 2011 en mini épisodes de deux minutes. Cette fois, retour à un format plus traditionnel de 35 minutes, servi par une écriture chargée d’émotion. Retour plus que gagnant pour cette seconde saison en février dernier. Avec un constat : l’audimat de Bref s’est agrandi, qui mêle désormais trentenaires, adolescents et génération X. « À la sortie d’Euphoria (série HBO) en 2019, j’ai réalisé que ce dont j’avais besoin, c’était de rallonger le format pour cette deuxième saison de Bref. Il me fallait une écriture qui déroule dans la longueur », explique Kyan Khojandi à Pierre Langlais. 80 jours de tournage, une équipe de 200 personnes, dont 30 mobilisées constamment, pour réaliser ces images qui ont conquis le public français avec un scénario introspectif, neuf et comique.

« On s’est alignés sur le vécu »

Ce nouveau projet qu’ont porté Kyan, Navo et Harry, c’est aussi une condensation d’idées et de discussions sur les nombreux détails de la série, jamais laissés au hasard. « Dés la réalisation du premier plan de cette saison, celle où le protagoniste vit un accident de voiture lors de sa rupture, on connaissait déjà le plan final », ajoute Kyan Khojandi. Ce travail minutieux fait en amont a permis aux réalisateurs de créer une trame sur laquelle ils ont ensuite superposé le récit qu’ils voulaient raconter. « On s’est alignés sur le vécu. On a raconté ce qu’on croyait être notre vérité. Toucher le plus grand nombre de spectateurs, c’était notre but », racontent nos trois invités. Bref.2 ne se contente pas d’être une série seulement comique. Cette fois ci, la ligne directrice s’attache à montrer au spectateur l’évolution du personnage principal. Les choix qu’il doit faire, bons ou mauvais, sa remise en question, l’échec et l’acceptation sont les mots d’ordre de ce second récit.

« Ce qui nous intéresse, c’est de savoir s’il y aura une suite »

Les micros circulent dans les travées du Théâtre du Nord. Un des festivaliers lève la main et pose sa question :  pourquoi le personnage principal ne porte-t-il pas de nom ? « Donner un prénom à notre personnage, c’était lui donner une identité précise. Sans prénom, chaque spectateur peut plus facilement se retrouver en lui », expliquent en choeur les invités. Tout en haut de la salle, un spectateur interpelle enfin l’équipe avec la question que tout le monde se pose : « Vous venez de finir la deuxième saison. Mais ce qui nous intéresse réellement, c’est de savoir s’il y aura une suite ». Long silence sur la scène. C’est Kyan Khojandi qui met fin au suspens : « les idées fusent concernant une troisième saison. Mais pour l’instant, nous ne sommes pas tout à fait prêts. La preuve : Bref.2 a mis 13 ans à sortir ».