Voir plus clair avec Mamy Eyewear

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Devenir un moteur de développement de l’offre optique accessible en Afrique : c’est le pari osé que s’est lancé l’équipe Mamy Eyewear. Ce projet de 4 étudiants français partis au Kenya met en place un modèle offrant des tests de vue gratuits et un accès à des montures soignées à un prix juste et transparent. A chaque produit qu’ils proposent est adossé un système de redistribution locale pour les plus démunis et qui porte bien son nom : Buy one Give one. Circonflex Mag a rencontré Marie Dédès qui nous a expliqué son projet.

Pourquoi être partis au Kenya ?

Parmi les fondateurs de Mamy, nous sommes deux à avoir vécu une expérience en Afrique de l’Est durant nos études, au Rwanda et au Kenya plus particulièrement. Nous sommes chacun tombés sous le charme ces pays, mais nous avons aussi été confrontés aux besoins des populations locales, notamment sur le marché de l’optique.

 

C’est au Kenya que vous avez décidé de commencer cette aventure …

Outre le fait d’être un pays magnifique, le Kenya jouit d’un réel dynamisme économique et se caractérise par un tissu entrepreneurial conséquent. C’est aussi un véritable hub logistique et commercial dans la région. Nous avons donc pensé que c’était l’endroit idéal pour démarrer notre activité, et la faire rayonner par la suite sur le continent.

 

La déficience visuelle reste le handicap le plus répandu au monde

 

Qu’est-ce qui vous a poussé à créer cette start-up ?

Je pense que nous avions tous cette volonté de porter un projet. C’est certainement aujourd’hui le moyen le plus approprié pour utiliser sa force de travail, avoir un impact et faire évoluer les choses en adéquation avec nos valeurs. La crise que nous traversons et ses incertitudes nous ont poussés à prendre les devants, et nous ont fait reconsidérer cette notion de « risque » que peut revêtir l’entreprenariat. Pour ce qui est du projet Mamy,  nous avons été confrontés aux carences de l’offre d’optique sur le continent africain pendant nos expériences. Par la suite, nous avons eu la chance de rencontrer, dans le cadre de notre master, la présidente de la fondation Essilor, qui nous a sensibilisés aux besoins colossaux de ce marché en Afrique. Cela a tout de suite fait écho : si nous pouvons apporter une valeur ajoutée sur des problématiques qui nous importent, allons-y !

 

Il est vrai que lorsqu’on parle d’aide aux pays en développement, on ne pense pas forcément aux lunettes !

De manière générale, en Europe, les outils d’aide à la vision font partie intégrante de notre quotidien et nous ne nous en préoccupons pas plus que cela. Mais la déficience visuelle reste le handicap le plus répandu au monde et la corriger est fondamental pour le développement économique et social d’une population, aussi bien à l’école, au travail, sur la route etc.

 

N’est-ce pas compliqué de créer sa propre entreprise, avez-vous rencontré des difficultés ?

Si le projet est en cohérence avec qui nous sommes, et que l’on est bien entouré, que l’on se fait confiance, non, ce n’est pas compliqué. Il y a évidemment des difficultés, mais cela fait partie du chemin et il faut aussi savoir les valoriser.

 

Combien êtes-vous à vous impliquer dans ce projet ? Quel est le rôle de chacun ?

Actuellement nous sommes 4. Moi, je m’occupe de toute la direction artistique et du marketing de Mamy. Antoine et Arthur co-gèrent les problématiques financières, stratégiques et administratives (que je déteste !). Enfin, Thomas est chargé de la logistique et des relations avec les fournisseurs.

 

Quel sont vos parcours respectifs ?

Nous avons tous fait nos études à Paris Dauphine, mais chacun dans des spécialités différentes. Antoine a par exemple une formation juridique, Arthur a eu des expériences en finance d’entreprise, quant à moi et Thomas, nous nous sommes plus orientés sur le commerce international.

 

Actuellement, est-ce un passe-temps ou une profession ?

Nous travaillons à temps plein sur MamyEyewear, c’est notre activité à part entière. Nous n’exerçons aucun métier en parallèle, nous sommes des heureux bénéficiaires du RSA (rires).

 

Un petit hommage à nos mamies

 

Où en êtes-vous dans votre projet, et quelles sont les prochaines étapes ?

Nous avons reçu nos modèles et nous nous apprêtons à lancer une campagne Ulule au mois de juin. L’argent récolté nous permettra de produire et d’acheminer à Nairobi notre première collection, afin d’ouvrir localement des points de ventes éphémères en septembre, et d’avoir nos premiers retours sur place.

 

Où est-ce que vous vous approvisionnez en lunettes ?

Nos montures viennent de Chine, et les verres du Kenya. Nous assemblerons toutes nos lunettes localement. A terme, l’idéal serait d’intégrer l’ensemble de la chaine de valeur et de tout produire sur place. Mais dans un premier temps, si nous voulons proposer des montures soignées à un prix accessible, l’Asie est la seule option.

 

A qui s’adressent vos produits ?

A la classe moyenne, de plus en plus conséquente sur le continent africain, notamment au Kenya

 

Pourquoi avoir choisi le nom MamyEyewear ?

Parce qu’il faut bien l’avouer, nos grands-mères ont été les premières que l’on a vu porter des lunettes avec classe ! Alors, c’est un petit hommage à nos mamies, qui représentent toutes les valeurs que l’on souhaiterait véhiculer : famille, respect, bienveillance, élégance.

 

Vous pouvez suivre les aventures de MamyEyewear et découvrir les modèles sur Instagram, ainsi que sur Facebook! D’ailleurs si vous voulez soutenir le projet et recevoir en échange  une magnifique paire de lunettes de soleil, n’hésitez pas !

 

Lucille Berthouloux