Quand le rêve de gosse devient réalité

Après un licenciement lié à la crise sanitaire Arthur Delval, jeune ingénieur en mécanique automobile, a décidé de se lancer dans l’aventure de ses rêves : ouvrir son premier garage destiné aux Porsche et voitures anciennes. Retour sur son parcours.

Auchy-les-Orchies, 1500 habitants, à 20 minutes de Lille. C’est ici qu’Arthur Delval s’est installé il y a deux mois. Son garage spécialisé dans la rénovation et l’entretien est un vrai musée de l’automobile, qui regorge d’icônes allemandes. Il m’accueille chaleureusement, autour de quatre Porsche et deux Mercedes, des véhicules d’exception dans un état irréprochable.

C’est un rêve auquel je pensais depuis longtemps

Depuis son plus jeune âge, Arthur savait qu’il voulait travailler dans l’automobile. La passion est familiale, transmise par son père : « À la maison il y avait toujours des revues automobiles, on en discutait beaucoup avec mon père, mais il n’a jamais sauté le pas d’acheter une voiture sportive ».

À ses 18 ans, son Baccalauréat scientifique en proche, Arthur s’est dirigé vers la classe préparatoire PTSI (Physique, Technologie et Sciences de l’Ingénieur). Un vrai tremplin qui lui a permis d’intégrer l’ENSAM de Lille, l’École Nationale Supérieure des Arts et Métiers, avec une spécialisation en transport terrestre.

La passion, c’est ce carburant qui lui a fait sauter le pas. Son licenciement dû au déclin de son ancienne entreprise face à la crise sanitaire a été un véritable élément déclencheur. S’en est suivi une véritable remise en question personnelle. « Est-ce que je ne ferais pas ce que j’ai toujours eu envie de faire ? C’est un rêve auquel je pensais depuis longtemps ». Malgré l’anxiété de ses proches et les difficultés, il décide d’ouvrir son premier garage.

Devanture du garage “Pévèle Auto Classic”

Ma voiture de rêve je l’ai déjà

La question de son historique automobile nous a semblé évidente. Grand fan de la marque allemande Porsche, Arthur s’est donné les moyens de ses ambitions. Après avoir enchaîné les jobs d’été, 1000 euros lui ont suffi pour s’offrir comme première voiture une Porsche 924 de 1984 qu’il avait « bien retapé ». Puis deux autres ont suivi dans sa collection pour arriver à sa « voiture passion actuelle » une Porsche 911 de type 964 : « Ma voiture de rêve, je l’ai déjà » dit-il en souriant.

J’ai fait mettre des stickers sur ma 911 ce qui permet vraiment d’afficher le garage 

 Depuis l’ouverture en septembre, son garage connaît de très bonnes retombées. Arthur est relativement rassuré pour la suite de son projet. Il a déjà restauré une dizaine de voitures. Grâce aux réseaux sociaux et à l’effet de bouche-à-oreille, son activité jouit donc d’une grande visibilité. «J’ai fait mettre des stickers sur ma 911 ce qui permet vraiment d’afficher le garage ». Les appels de passionnés affluent et il pense donc déjà à l’achat d’un futur bâtiment mais aussi à long terme à embaucher. Dans son garage, le profil des clients est varié : entre des personnes très aisées avec un grand pouvoir d’achat et des passionnés avec beaucoup moins de moyens.

Il organise également des rassemblements de Porsche parfois en association avec d’autres clubs nordistes. Car dans le Nord, Porsche est une marque qui rassemble une grande communauté : « Il y a vraiment une bonne entente dans les rassemblements, beaucoup de passionnés se retrouvent avec une atmosphère pas du tout élitiste et compétitive ».

L’avenir est incertain, voire même très noir en étant pessimiste

Avec le contexte environnemental, l’avenir du paysage automobile pour les passionnés est en perpétuelle évolution. Entre la hausse du carburant, les nouvelles lois, les nouveaux malus, tout est imprévisible. Au sujet des règles gouvernementales, Arthur sort sa carte Joker : « Je pense tout de même que l’avenir est incertain voire même noir en étant pessimiste. Je pense qu’on ne pourra pas empêcher de faire rouler les véhicules de collection mais on va avoir de plus en plus de contraintes qui vont nous pousser à restreindre un peu la passion. La plupart des véhicules de collection roulent moins de 5 000 kilomètres par an, l’empreinte carbone de ce genre de véhicule est quand même très faible par rapport à un véhicule de déplacement professionnel ».

Arthur l’affirme, cela ne l’empêchera pas de continuer ses rassemblements, et de continuer à faire de sa passion son métier.