Les Djadjas

Dans le vieux Lille, la boutique au concept original de Marianne et d’Audrey -Les Djadjas- attire l’oeil depuis quelques mois. Fripes, fleurs, brocs, c’est le combo qu’on peut y trouver . Les deux jeunes entrepreneuses racontent à Circonflex mag leur rencontre et la naissance de leur bébé .

 La vie d’avant

Marianne : Avant d’avoir tout plaqué pour vivre de ma passion -la friperie- j’ai été RH dans l’informatique durant 8 ans. Il y a deux ans, j’ai voulu changer de vie et j’ai créé une friperie ambulante.  J’ai toujours adoré chiner, aller dans les Emmaüs, trouver les petites pièces originales. Un jour, un pote m’a dit “pourquoi tu n’en ferais pas ton métier ? ” Et voilà, c’est chose faite !

Audrey : J’ai fait des études à Bruxelles, mais cela ne me plaisait pas. Un jour, une copine m’a dit “je te verrais bien fleuriste”, je lui ai répondu ” oh ouais, ça a l’air bien ! » Cela fait treize ans maintenant que je fais ce métier.

 

La rencontre

Audrey : Sur une vente, à la Friche Gourmande, il y a un an… autour d’un troc : une plante contre une chemise.  On s’est dit “Oh ! On devrait bien s’entendre.”

Marianne. On était voisine de stand. Ça a tout de suite collé entre nous.

 

 

La conception

Audrey : On a commencé à faire des ventes ensemble. On s’est dit avec Audrey qu’on pourrait mélanger nos univers et pourquoi pas, faire une boutique éphémère.

Marianne : Ce n’était pas prévu qu’on ouvre notre boutique si tôt. Mais on est tombées sur ce local un peu par hasard. C’est la rencontre avec l’endroit qui a fait naître l’idée de ce projet.

 

La naissance

Audrey : On souhaitait lancer cela pour le printemps. Mais fin décembre, on passe dans cette rue, 55 rue Barre, on voit “à louer” sur la devanture. Le lieu nous a attirées. Moins d’une semaine après, on l’a visité. On a réfléchi à peine 3h et on s’est dit “allez, ok, on se lance ! “. On a ouvert la boutique le 25 janvier.

 

Les premiers mois

Audrey : Au départ, c’était plutôt une collocation de local. On avait chacune notre coin à l’intérieur du magasin, moi les fleurs, Mariannes les fripes. Mais, on avait cette passion commune pour la brocante. On a décidé qu’il y aurait ça en plus dans le magasin et que tous les éléments, même la déco, seraient à vendre. Cela nous permet de nous éclater à chiner des objets, de la déco, des meubles.

 

 

Régime alimentaire

Marianne : On a plusieurs fournisseurs. Pour les vêtements, on bosse avec deux associations solidaires dans la région.  On fait aussi partie d’un réseau de brocanteurs. Lorsqu’ils ont des objets ou des vêtements qui peuvent nous plaire et qui correspondent, ils nous appellent et on vient pour faire notre petite sélection. Là encore, c’est du local, car ils sont de la région. On bosse aussi avec un centre de tri de la région parisienne. Le travail est réalisé par des personnes en réinsertion professionnelle : il a un côté éthique et solidaire que l’on aime bien et qu’on souhaite pour notre boutique. On fait aussi du troc avec des clients.

Audrey : Les fleurs fraiches et séchées viennent d’une productrice qui est en passation bio. On fait aussi sécher les fleurs invendues nous-mêmes pour pouvoir les remettre en vente.

 

Carte d’identité 

Marianne : Le nom de notre magasin -Les Djadjas- vient d’une petite anecdote qui s’est passée en Belgique, deux mois après notre rencontre. On était parties tôt le matin pour dénicher des petites trouvailles sur un marché aux puces. Un des gars sur un stand s’est mis à chanter Oh Djadja , les premières paroles de la chanson d’Aya Nakamura. Audrey et moi ne connaissions pas vraiment la chanson, mais on lui a répondu d’une façon survoltée : Oh djadja.

Après ça, on a passé la journée à s’appeler l’une et l’autre djadja. Depuis on a pour surnom  les djadjas , et c’est tout naturellement le nom que l’on a donné à notre bébé !

 

Ressemblance

Audrey : On est  chaleureuses, souriantes et rigolotes, et notre personnalité transparaît naturellement. C’est notre maison de journée ici. Je pense que c’est assez accueillant.  On a beaucoup de points communs dans notre manière de vivre, dans nos valeurs. On est des fonceuses, on aime les gens, on est hyper créatives aussi, mais sur des sujets complètement différents. On est complémentaires : l’une sans l’autre, ce ne sont plus les Djadjas.

 

 

Le confinement 

Marianne : On a sauvé la boutique avec des fleurs. Le premier mois, on était un peu paumé comme tout le monde. On a laissé la boutique un peu à l’abandon. Lors du deuxième mois, on a commencé de la livraison de bouquets et de plantes.  On était messagères de l’amour. Les clients commandaient des bouquets, et on les livrait à leurs amis, parents ou grands-parents, avec un petit mot en accompagnement. C’était hyper touchant.  Pour cette nouvelle période de confinement, on continue les livraisons : on livrera même des sapins de Noël bio.

 

L’avenir 

Audrey : Premièrement, survivre au covid. Le problème, c’est qu’au-delà de la gestion de la boutique, on faisait beaucoup de choses à côté. Par exemple, je fleurissais énormément de mariages, décorais des salons professionnels. Aujourd’hui, tout ce que j’entreprenais autour de l’événementiel s’est arrêté.

Marianne : Notre objectif, c’est de pouvoir refaire notre métier, comme avant.

 

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Rosemitha Pimont

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