Vegan et étudiant : un plan impossible ?

Après avoir été végétarienne pendant 5 ans, je fête bientôt mes 2 ans et demi en tant que vegan… Pourtant, chers lecteurs, je suis comme vous, étudiante. Contrairement aux idées reçues, il n’est pas très compliqué de vivre, de sortir et de se régaler en alliant les deux, surtout à Lille ! Voici les réponses aux questions que vous pouvez vous poser …

Clairement, cet article n’a pas pour vocation d’être un récit de ma vie ou mon propre témoignage… A la place, je suis allée interroger quelqu’un pour répondre aux questions et aux à priori que vous avez peut-être en entendant le mot « vegan » : Stéphanie Bartczak est spécialisée dans l’alimentation 100% végétale et a monté toute son entreprise, La Véganista, autour de ce concept, en accompagnant les personnes en transition alimentaire.

Elle intervient en entreprise mais aussi dans les facs : « Je suis allée à la fac de Béthune et de Boulogne sur Mer. J’y ai monté un atelier culinaire avec les étudiants pour montrer qu’on peut cuisiner au quotidien et manger sainement avec un budget convenu. Je voulais prouver que l’alimentation végétale est accessible à tous. Les étudiants étaient très intéressés. »

Alors, la cuisine végétale, c’est quoi ?

Il s’agit tout simplement d’une cuisine qui n’utilise aucun produit d’origine animale (si-si, c’est faisable !). Stéphanie a rodé une stratégie qui fait généralement l’unanimité : « Mon objectif, c‘est de convaincre par les papilles : montrer que c’est bon, que c’est gourmand et surtout qu’on peut se faire plaisir à travers un petit-déjeuner ou un repas. »

Oui, la cuisine végétalienne est bonne !

Ce sont là les points d’entrée de La Véganista, ceux que Stéphanie prône avant tout : se faire plaisir avec une cuisine gourmande. « On a besoin de se rassurer, se dire que ça va être bon et qu’on ne va pas s’enlever ce plaisir de manger. Parfois, un seul bon repas permet de s’en persuader ».
Pour cela, rendez-vous dans les rayons fruits et légumes de votre supermarché : « On peut commencer par prendre un légume qu’on ne connaît pas au supermarché afin d’élargir ses goûts, poursuit Stéphanie. Les légumes anciens, comme le butternut et le topinambour, reviennent à la mode cet hiver. »
Personnellement, je vous conseille de jouer avec les épices et les condiments pour relever les bons goûts des aliments : curry, paprika, herbe de Provence, ail … un rien suffit pour égayer un plat.

Non, manger végétalien n’est pas plus cher ou plus compliqué !

Stéphanie n’a de cesse de le répéter, « un vegan ne va pas mettre de fromage ou de viande dans son assiette. Or, c’est sont les produits les plus coûteux dans un caddie. A la place, il va plutôt opter pour des fruits et des légumes. Au marché ou directement chez les producteurs, on trouve souvent de la qualité à prix coupé. En achetant en vrac (à Biocbon ou Biocoop), la facture est même moins chère car il n’y a pas le prix de l’emballage… »,

Même avec votre budget et vos recettes étudiantes, vous mangez peut-être déjà vegan ! Une assiette de pâte avec de la sauce tomate accompagnée d’un peu de salade ou un taboulé … ne comporte pas de produit animal. « Faire une liste de tous les plats végétariens ou végétaliens qu’on consomme déjà permet de se rendre compte qu’on mange assez souvent végétarien ou végétalien sans même y penser », conseille Stéphanie.

Oui, manger végétalien le midi à l’Université demande un peu d’organisation !

Il est vrai que le « fait-maison » est presque obligatoire pour les repas des étudiants végétaliens de la région Nord : rares sont les restaurants universitaires qui offrent une formule végane dans leurs plats. C’est un des buts de Stéphanie : « Mon idée, c’est d’aller à la rencontre des restaurants universitaires, de démocratiser cette cuisine et de proposer une alternative aux étudiants. »
En attendant ces changements futurs et des options adaptées à tout le monde, la recette est simple : cuisiner en grosse quantité et mettre le reste dans des lunch-box. L’autre solution, c’est d’opter pour un taboulé à la supérette du coin ou pour la salade de crudités du RU.

Oui, vous pouvez sortir et vous amuser en étant végétalien dans les mêmes lieux que vos amis !

Lille, par chance, ne manque pas d’adresses pour réunir et régaler les vegans et les non-vegans. Que ce soit bars ou restaurants, le choix est large. Celui de Stéphanie est consensuel : « J’adore les pizzas de Pizza Jazz. On mange pour 12 €, c’est sympa, les pizzas sont généreuses et ont beaucoup de goût. » Personnellement, pour les avoir testés, je vous conseille aussi La Clairière et Happy F’eat qui offrent des cartes de qualité et renouvelées toutes les semaines. Pour les bars, il suffit de vous renseigner au comptoir : le Dernier Bar avant la Fin du Monde propose, par exemple, une planche spécialement pour les végétaliens.

Non, ce n’est pas difficile de faire la transition !

Stéphanie le conseille, « il faut commencer par oublier ce qu’on a appris dans une vie antérieure, comprendre les réflexes culinaires de la tradition française, où chaque plat est composé autour de la viande ou du poisson. Avec une approche comme celle-ci, on se trouve rapidement dans un cul de sac parce que quand on enlève la viande ou le poisson, il ne reste que l’accompagnement. Donc, avant de se plonger à corps perdu dans la cuisine végétale, il faut intégrer cette notion pour pouvoir la contourner ».
Rien ne vous oblige à passer végétalien du jour au lendemain. Personnellement, j’ai commencé par enlever la viande, puis quelques temps après, le poisson et les œufs, puis le lait… Je faisais parfois des exceptions lorsque je sortais ou mangeais chez des amis… avant de finalement m’y tenir complètement. Y aller à son rythme et à sa manière est le meilleur garant pour réussir sa transition …

Si vous êtes intéressés par les conseils de Stéphanie, vous pouvez la joindre au 07 63 05 61 47 ou sur son site.

Stéphanie a participé à l’émission La Quotidienne de France 5 le 8 novembre 2017. Vous pouvez la visionner ici :

 

Pauline Le Toullec

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