Depuis près d’un an, Maeva Godron et son conjoint se consacrent leur temps libre à socialiser de futurs compagnons à quatre pattes, en vue de leur adoption. La jeune femme revient sur les coulisses de cette activité bénévole au bénéfice de l’association 4 pets de Lille.
Quand avez-vous décidé de vous engager pour la cause animale ?
J’ai toujours vécu avec des animaux à la maison, avec des chiens, avec des chats. Ils font partie de mon quotidien. Quand je vois les abandons, ça me brise le coeur. Avec mon conjoint, on avait envie d’apporter notre contribution, de faire quelque chose qui nous ressemble. On veut leur offrir cette chance d’avoir un foyer. Ça fait maintenant plus d’un an qu’on s’est donnés cette mission et c’est toujours une passion.
Alors, vous avez accompli votre rêve…
Oui, mais mon rêve ultime, c’est d’avoir une petite fermette. (Rire.) Vivre au milieu d’une myriade d’animaux différents, ce serait incroyable.
Comment prépare-t-on un animal à l’adoption ?
Tout d’abord, on récupère des chiens, des chats et même d’autres animaux, c’est-à-dire des lapins, des rats ou des oiseaux. On va les garder jusqu’à l’adoption. Ensuite, on travaille sur l’entente avec les autres animaux. L’objectif, c’est qu’ils ressortent de cette période de vie chez nous le plus socialisés possible. Bien sur, on prend nos précautions pour les mettre ensemble. C’est pourquoi on va prendre notre temps. Par exemple, pour un lapin et un labrador, l’éducation peut être plus complexe. Mais on ne va jamais séparer les animaux, on veut les faire cohabiter.
En ce qui concerne le côté matériel ?
La nourriture et les frais de vétérinaires sont entièrement pris en charge par l’association.
Quel est votre meilleur souvenir ?
Il est en lien avec l’asso. On avait à notre charge deux chatons qui avaient le typhus. On a réussi à en sauver un sur les deux. Mais la petite bête était dans un sale état. Elle faisait 20% de son poids et on la nourrissait à la pipette. Jour et nuit, on s’occupait d’elle. Finalement, ce petit chaton a repris des forces et a pu être présenté à l’adoption. Cela fait presque un an aujourd’hui qu’il vit avec sa nouvelle famille et tout se passe pour le mieux. On est vraiment heureux pour lui, car il a surmonté bien des épreuves. Et de notre côté, nos efforts ont payé.
C’est une activité exigeante…
C’est sûr, il y a énormément de travail. Personnellement, l’asso est mon activité principale. Si mon conjoint et moi avions tous deux un travail, ce serait plus compliqué.
Et psychologiquement ?
Je ne vais pas vous mentir, c’était difficile au début. Ça l’est toujours. Désormais, j’essaie de mettre des barrières entre mes pensionnaires et moi. Avec le temps et l’expérience, c’est un tout petit peu plus facile. Du moins, on gère mieux. Mais on verse toujours une petite larme quand l’un de nos protégés s’en va.
Comment appréhendez-vous le rapport à l’animal de nos jours ?
En France, ça évolue difficilement, il y a encore beaucoup d’abandons… Pour moi, il y a plusieurs raisons qui expliquent cela. On a un gros problème de mentalité. Les animaux ne sont pas reconnus à leur juste valeur. On a tendance à oublier qu’ils sont avant tout des êtres vivants. Ils ne sont pas des objets, pas des doudous. Si vous les frappez, ils vont en souffrir. Mais on a tendance à fermer les yeux sur ce type d’agissements quand ça concerne les animaux. C’est énervant.
Ce nouveau certificat d’engagement pour adopter un animal, c’est une bonne idée ?
Oui et non. C’est une bonne chose pour ceux qui le lisent, mais beaucoup ne le font pas. Il a au moins le mérite de filtrer les bons et les mauvais adoptants. Il permet de mieux comprendre leurs besoins.