Bien joué Kallagan !

19h, devant le Théâtre Sebastopol. Nous attendons bien sagement sous la pluie celui qui est considéré comme la star montante du stand-up français. Il arrive avec un grand sourire et nous emmène boire un verre. Entre découverte de sa vocation et nouveau spectacle, Kallagan nous parle de lui… Et pas qu’un peu !

Circonflex Mag : On commence par les présentations ?

Kallagan : Vous faites bien votre boulot vous ! Kallagan. Jeune comique. 33 ans. Je fais le tour de France pour raconter comment je vois le monde ! Il paraît que ça fait rire les gens, donc je continue…

Parlez nous un peu de votre parcours scolaire et de votre transition vers la comédie.

Mon parcours s’est arrêté à l’âge de 13 ans, l’Education Nationale a décidé que j’étais trop intelligent pour le système scolaire. De 13 à 19 ans, je suis resté stagiaire à l’année. Je pensais que mon avenir était foutu. Et puis un jour, j’ai poussé la porte d’un magasin de magie. J’ai acheté 3-4 tours de magie automatique. Je n’aurais jamais imaginé que ça allait changer ma vie ! Grace à cela,  je me suis fait recruter au Club Med. A la fin de la première saison, je me suis demandé ce que j’allais faire. Je me suis dit que si je restais, je prenais perpet’. Je suis donc parti à Paris, direction les cafés-théâtres.

J’ai la pression partout ailleurs que sur les planches.

Vous êtes très actif sur les planches mais vous êtes aussi passé à la télévision dans l’émission On n’demande qu’à en rire. Que retenez-vous de cette expérience ?

Pour la petite histoire, j’ai accompagné un pote pour voir comment ça se passait, parce que perso, je n’ai jamais eu le courage de le faire. En arrivant là bas, la prod me dit : « Un mec nous a planté ! S’il te plait, fais un truc, ce que tu veux …» On a fait un duo avec Foudil, et on a terminé à 70 points… Je pense qu’ils ont été hyper indulgents parce qu’on l’a écrit en une heure !

Scène ou télé, qu’est ce qui vous met le plus de pression ?

J’ai la pression partout ailleurs que sur les planches ! Je l’ai partout, en réunion parents-profs par exemple. Après, sur les plateaux TV, c’est différent, ça fait partie du job. Je suis incapable de danser dans une émission, de me mettre à quatre pattes, de me dandiner … ça sort complètement de mes cordes. Mais après, parler de mon spectacle dans une promo cohérente, c’est autre chose.

Vous avez fait les premières parties de Fabrice Eboue, vous faites aujourd’hui la première de Jeff Panacloc. Quels sont les retours de ce public qui ne connaît pas bien encore votre humour ?

La première partie de Fabrice Eboue au Sébastopol s’est super bien passé. Et lors  de la dernière tournée de Jeff Panacloc, les retours ont vraiment été fous. Jeff a passé un cap en terme de notoriété, on ne peut pas faire mieux. C’est devenu une vedette. Son public a changé. Cette réflexion, c’est peut-être juste de la mauvaise foi de ma part pour justifier des premières parties moins bonnes mais je ne pense pas (Rires).

Le narcissisme chez les comiques, c’est une chose bien connue.

Vous avez aussi votre propre spectacle, qu’est ce qui vous inspire ?

Tout … et surtout ce qui tourne autour de moi : comment j’ai vu mon fils grandir à la vitesse de la lumière, comment j’ai vécu la grossesse de ma femme, comment je suis devenu mes parents … Le narcissisme chez les comiques, c’est une chose bien connue !

Certes, mais le public se retrouve aussi dans ces situations que vous mettez en scène…

J’aime aller chercher les gens, leur mettre le doute pour qu’ils se remettent en question. Par exemple, quand je vois des mecs qui ne font plus attention à eux et qui sont en compagnie de belles femmes, j’aime leur insinuer ce doute. C’est vrai, ça, les mecs aiment bien faire les malins. C’est bien qu’à un moment, quelqu’un les mette en face de la réalité. Je reçois des mails de femmes qui me remercient, c’est une grande satisfaction. Il y a d’autres cas plus compliqués où des couples se disputent à la suite de mon spectacle. Là, c’est beaucoup moins agréable…

Comment trouvez-vous notre région ? Le public est il plus ou moins réceptif qu’ailleurs ?

À chaque fois que je suis venu jouer dans le Nord, l’accueil du public a été incroyable ! Et je ne dis pas ça pour faire de la lèche ! On le voit vraiment, il y a des régions où c’est plus difficile. Mais attention, ça reste cool partout.

Quels sont vos projets futurs ?

Cinéma ! Mais je ne peux pas trop en parler… J’ai un projet en cours, pas comme acteur mais pour l’écriture. Et puis le spectacle Virtuose est sur la fin et le 2 avril, je pars direct à Lyon pendant six semaines ! Je m’enferme pour écrire mon nouveau spectacle que je teste déjà un peu dans les premières parties.

Quentin Bral

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