Akimasa : une plume en or massif

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Akimasa a 22 ans. Elle est étudiante à Lille. Et Autrice confirmée sur la plateforme de récits Wattpad. Ses écrits sont une référence dans le monde des fan-fictions, ces histoires inspirées par des célébrités.  Suprématie, la chronique qui lui a permis de se faire connaitre, met en scène des membres du groupe de musique sud-coréen BTS, et comptabilise plus de 5 millions de vues. En pleine écriture de deux histoires -Noir et Vermillon- Akimasa a accepté de se confier à CirconflexMag dans une entrevue exclusive.

Depuis combien de temps écris-tu ?

« Depuis mes 13 ans. Tout a commencé au collège, pendant les récréations. Avec ma meilleure amie de l’époque, on écrivait des histoires sur des dizaines de copies doubles et on se les échangeait. J’écrivais tout le temps, même durant les heures de cours. Aujourd’hui, je consacre entre 4 et 5 heures à la rédaction d’un chapitre. »

crédit : Wikipédia

Pourquoi avoir choisi de poster tes fictions sur Wattpad ?

« Par pur hasard, en fait. Je publie des histoires sur Internet depuis que j’ai  14 ans.  Un jour, j’ai découvert Wattpad, et par curiosité, j’ai posté une vingtaine de chapitres d’une histoire que j’avais déjà publiée sur un autre site. Et j’ai laissé tomber l’affaire. Jusqu’à ce que je me demande un jour ce que ce compte Wattpad devenait. En y retournant, j’ai vu que j’avais deux-cent milles vues ! Je n’en suis plus jamais repartie. »

Tu es l’auteure de trois fictions, Suprématie, Noir et Vermillon. Si tu ne devais en choisir qu’une seule, laquelle serait-ce ?

« Suprématie, définitivement. C’est elle qui m’a fait comprendre que je voulais devenir écrivaine, c’est elle qui me réveillait la nuit, c’est elle qui m’a donné un lectorat fidèle. Elle est le début de tout à mes yeux. »

J’ai un impact démentiel

Poster son travail sur les réseaux, c’est s’exposer aux critiques des autres. Tu connaissais le risque. Qu’est-ce qui t’a poussée à te lancer malgré tout ?

« L’idée que ça n’allait pas m’arriver. J’étais naïve et je me disais surtout que je n’allais jamais percer : quand tu n’es pas connue, tu ne t’exposes pas aux critiques, même si tu publies. Ou alors tu as une critique tous les 4 mois. En fait, c’est quelque chose qui me passait au-dessus de la tête. Je pensais que j’allais tranquillement rester dans mon coin. »

Suprématie comptabilise plus de 5 millions de vues aujourd’hui. Parmi tes lecteurs, certains se font tatouer des passages du texte sur la peau. Comment vis-tu cette situation ?  

« Quand j’y pense, c’est fou. C’est arrivé du jour au lendemain : j’étais heureuse d’avoir dix milles vues, et un jour, boom, ça a explosé. C’est un sentiment de bonheur intense. J’ai du mal à y croire ! L’impact que j’ai, c’est démentiel. Il l’était davantage quand Suprématie était en cours. Mais aujourd’hui encore, peu importe ce que j’écris : le nombre de vues suit. C’est très agréable, mais effrayant aussi. Je suis heureuse de voir qu’une de mes histoires prend de l’ampleur, mais j’ai toujours cette peur, au fond, que les vagues de haine recommencent. »

Je savais très bien que je n’abandonnerais jamais

Justement, parlons de cette haine à laquelle tu fais allusion. Tes fictions mettent en scènes des personnes réelles, en l’occurrence des membres du groupe de musique BTS. Et tu as reçu de nombreux messages de haine de la part de certains de leurs fans. Comment arrives-tu à gérer cette situation ?

« À vrai dire je ne la gère pas du tout. C’est devenu une habitude malheureusement. En réalité, ce ne sont pas les critiques actuelles qui me font mal, mais celles que j’ai reçues quand j’ai percé. C’est une blessure profonde. Je songe même à voir un professionnel pour m’aider psychologiquement parce que j’ai perdu beaucoup de moi-même à travers la haine des autres. Elle m’a engloutie. »

Qu’est-ce qui t’a motivée à continuer lorsque tu étais sur le point de tout abandonner ?

« Je me suis déjà dit plusieurs fois : ‘je dois disparaître, c’est la meilleure des choses à faire’. Mais j’ai continué. Par désir de vengeance peut-être.  Pour prouver à tous les gens qui m’ont dit que je n’étais qu’une auteure ratée qu’ils ont tort. Par désir de devenir écrivaine. Pour toutes ces raisons, abandonner, c’est impossible. Ce sont des moments de faiblesse qui m’ont donnés l’illusion que je voulais arrêter. Au fond de moi-même, j’ai toujours su que je n’abandonnerais jamais. »

Tu  viens de nous dire que tu veux être écrivaine. Justement, tu es en pleine réécriture de Suprématie, parce que tu souhaiterais en faire un livre qui soit publié. Qu’est-ce qui t’a le plus surpris dans ce processus ?

« La difficulté à s’adapter aux maisons d’édition ! Je pensais que corriger les fautes et reformuler quelques phrases, ça suffirait… Grossière erreur ! Chaque détail compte. Il n’y a pas que les fautes à corriger mais aussi la cohérence du propos, la clarté, le style. Il y a les sacrifices à faire avec le texte, les arrachages de cheveux… C’est pourquoi j’ai pris une décision : tout recommencer à zéro. Même si l’histoire fait plus de 1000 pages. Je n’ai pas le choix si je veux avoir une chance d’être publiée. »

T’inspires-tu souvent des livres que tu lis pour écrire ?

« Je pique du vocabulaire par-ci par-là, surtout pour la réécriture de Suprématie. Mais je ne m’inspire pas de ce que je lis au niveau du fond.  Seulement de la forme. »

Mon objectif, c’est de ne jamais m’arrêter

Un moment avec un-e fan qui t’a marqué ?

« Je montre très peu mon visage, ces moments arrivent donc rarement. La rencontre qui me vient à l’esprit est toute récente. C’est la première fois que quelqu’un est venu me parler en face. Jusque-là, personne n’avait osé le faire, certainement  par timidité. Cette fille a été adorable ! Le fait qu’elle semblait émue par cette rencontre m’a touchée plus encore. Ce sont les lecteurs qui me permettent de vivre ma passion à fond. Si je pouvais, je les rencontrerais tous ! »

Comment arrives-tu à concilier ta vie d’auteure et ta vie d’étudiante ?

« Soyons honnête : je suis une bonne élève mais je ne passe pas mes soirées plongée dans mes cours ! Disons que j’arrive à trouver du temps pour tout. C’est vrai que je sors très peu de chez moi en dehors de la fac à cause de cette passion, mais je pense que ça en vaut la peine. »

Mon objectif est de ne jamais m’arrêter

Quels sont tes prochains objectifs ?

« Comme nous l’évoquions tout à l’heure, je veux sortir Suprématie en livre. C’est un processus long mais je m’accroche. J’aimerais aussi terminer l’une de mes deux histoires en cours sur Wattpad d’ici le mois prochain. Quand ce sera fait, je lancerai ma nouvelle histoire. En résumé, mon objectif, c’est de ne jamais m’arrêter (rires) »

Ta prochaine fiction sera disponible à partir du 25 mai prochain sur Wattpad, pourrais-tu nous donner le thème général qui y sera abordé ?

« Je ne peux pas révéler grand-chose pour l’instant mais je veux bien vous confier ça : le harcèlement et la quête toxique de la réussite seront les sujets centraux de l’intrigue. »