Urbex : explorer le temps.

Exploration de châteaux, d’hôpitaux ou encore de cinémas abandonnés : rien n’échappe au répertoire des urbexeurs , ces explorateurs bien décidés à sauver la mémoire des lieux inoccupés. L’Urbex – de l’anglais urban exploration – est une pratique qui ne date pas d’aujourd’hui. Apparue dans les années 70-80 en France, c’est une activité encore bien mystérieuse pour le grand public mais qui attire de plus en plus de pratiquants.
Yolann a 18 ans. Il est passionné d’Urbex et partage ses explorations sur son compte Instagram. Circonflex Mag l’a accompagné le temps d’une expédition.

Tout urbexeur est un casse-cou dans l’âme.

Circonflex Mag : Comment as-tu découvert l’Urbex?

Yolann : J’ai commencé l’Urbex à 16 ans. Au départ, je regardais beaucoup de vidéos d’Urbex, notamment de la chaîne YouTube Hit The Road. Ce sont mes modèles, c’est en quelque sorte eux qui ont introduit cette pratique en partageant leurs explorations avec le grand public. Mais c’est surtout grâce à des amis que je me suis mis à pratiquer. Ils m’ont transmis leur passion dès ma première exploration urbaine. Depuis, on s’échange des adresses de nouveaux lieux à explorer, et on part ensemble sur le terrain !

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L’entrée du fort.

Faut-il être un passionné d’Histoire pour pouvoir prétendre pratiquer de l’Urbex ?

Pas nécessairement. Je ne suis pas spécialement un fou d’Histoire. Ce qui me passionne avant tout dans l’Urbex, c’est l’exploration, ce côté aventurier. J’ai en moi cette soif de découvrir de nouveaux lieux cachés, presque secrets. Je pense que tout urbexeur est un casse-cou dans l’âme. Il ne faut pas avoir froid aux yeux. Et pour la grande majorité d’entre eux, ce sont aussi des passionnés de photo et de vidéo : ils capturent et filment leurs explorations pour les partager. C’est ce que je fais également.

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Avec Yolann devant le Fort.

De plus en plus de monde prend le temps de s’intéresser à ce qui les entoure.

Que penses-tu de cette augmentation constante du nombre de pratiquants ?

Évidemment, ça peut effrayer les vétérans : voir de plus en plus de monde explorer des lieux censés restés secrets, ça inquiète. Les spots sont de plus en plus visités et sont ainsi susceptibles de se dégrader plus rapidement.
Mais selon moi, c’est une bonne chose. Cela veut dire que de plus en plus de monde prend le temps de s’intéresser à ce qui les entoure. Tant que l’Urbex est pratiqué dans le respect, que les lieux sont gardés secrets, et qu’aucune dégradation n’est commise durant l’exploration … il n’y a pas de souci.

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À l’intérieur, le fort se révèle.

Que conseillerais-tu à quelqu’un qui souhaiterait débuter dans l’Urbex ?

Je tiens à rappeler que l’Urbex reste une pratique illégale et dangereuse. Pour les plus aventuriers, ce qu’il faut retenir avant de partir en exploration, c’est de ne jamais se rendre seul sur un lieu : c’est la règle d’or. Il faut aussi penser à partir un minimum équipé : des bonnes chaussures, c’est toujours mieux, et avec une lampe torche si le lieu en question est couvert. J’ai également pris le réflexe, par sécurité, de prévenir quelques proches de l’endroit que je m’apprête à explorer, on n’est jamais à l’abri d’un accident dans cette pratique. Cela peut paraitre anodin, mais le simple fait de s’informer sur la météo, c’est une prise de risque en moins. L’Urbex, c’est surtout une question d’anticipation et de préparation.

Manon Flebus

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