Lille Art Up 2026 : l’art d’aujourd’hui, comment et à quel prix ?

Du 12 au 15 mars, avait lieu à Lille, au Grand Palais, le Lille Art Up. Une foire d’art contemporain qui réunissait plus de 90 galeries et d’éditeurs d’art. On est parti y faire un tour…

« Tu vois, il faut qu’il y ait une rencontre avec l’œuvre. » Dans les couloirs du Grand Palais, les discussions entre les familles ou les amateurs d’art sont toujours intéressantes. 

Pendant plus de trois jours, des œuvres d’art contemporain, des milliers de tableaux et autres installations artistiques ont cohabité ensemble. Une 18e édition sous le thème Horizons Nouveaux. Entre deux petites galeries, aux œuvres bien différentes, l’une faite de lampes et l’autre de câbles récupérés, familles, amis et amateurs d’art commentent ce qu’ils ont sous les yeux. Certains confrontent leurs points de vue et d’autres s’interrogent. Comme Romain qui se demande « comment certaines œuvres arrivent à plaire, alors qu’elles n’ont rien de spécial »… tandis que d’autres y voient justement tout.

« L’IA, c’est incontournable aujourd’hui »

Un petit groupe de visiteurs contemple une œuvre réalisée à l’aide du numérique. L’un d’entre eux, collectionneur est enthousiaste. « Franchement, je trouve ça fascinant ! L’artiste a utilisé des outils numériques pour générer une première base, et ensuite, il est intervenu dessus. Ce n’est pas une simple production automatique, c’est un échange entre une machine et un humain. » – On lui demande s’il ne trouve pas que l’art perd ainsi en authenticité ? « Pas forcément. L’authenticité, elle se déplace. Avant, on parlait du geste, aujourd’hui on parle aussi du processus. Ce qui est intéressant, c’est l’intention de l’artiste et la manière dont il s’approprie l’outil. » – Alors qu’est-ce qu’on collectionne vraiment ? L’œuvre ou la technique ? « On collectionne une démarche. Le numérique, c’est juste un médium de plus, comme la photographie a pu l’être en son temps. Ce qui compte, c’est la vision derrière. » Il fait une pause, on l’interroge sur ce qu’il pense de la place de l’IA dans l’art contemporain « L’IA, c’est incontournable aujourd’hui. Au début j’étais sceptique, mais j’ai compris que ce n’est qu’un outil. Ce qui compte, c’est l’intention et la démarche de l’artiste. Je ne collectionne pas “de l’IA”, je collectionne une vision. Si l’œuvre est forte, peu importe qu’elle soit faite avec un pinceau ou un algorithme. »

« Cinquante mille balles ! »

« Deux ou trois mille “balles” pour une œuvre. Là, cinquante mille “balles” ! » Les prix affichés surprennent parfois les visiteurs, qui passent en quelques pas d’un montant “abordable”, à des sommes qui donnent presque le vertige. Avec de la curiosité et de la fascination, des petits calculs rapides se font dans la tête, chacun y va de son commentaire. 
A Lille Art Up, les prix varient considérablement, ce qui reflète la diversité des artistes et des galeries présentes. Gauthier, expert sur le prix des œuvres, explique : « On peut trouver des pièces relativement accessibles, autour de quelques centaines ou milliers d’euros. Souvent, ce sont des artistes émergents. Mais aussi des œuvres beaucoup plus chères qui peuvent atteindre plusieurs dizaines de milliers d’euros, voire plus pour des artistes reconnus. »
Cette large fourchette permet, à la fois aux amateurs curieux et aux collectionneurs expérimentés de trouver leur bonheur. 

Mais la majorité des visiteurs avaient, au fond, juste l’envie de découvrir. Le prix affiché reste anecdotique. Alors, acheteur ou simple amateur, les dates pour l’édition 2027 sont fixées : rendez-vous du 11 au 14 février 2027.

Loïc Daumars