Après un an et demi de travaux, le LaM a réouvert le 20 février 2026. Ce sont les œuvres colorées de Kandinsky qui inaugurent ce musée d’art moderne, contemporain et d’art brut à Villeneuve d’Ascq dans une exposition inédite.
Un mot d’ordre pour cette réouverture : l’hospitalité. À l’arrivée, le dépaysement est total. Au 1, allée du Musée, à Villeneuve-d’Ascq, le LaM ressemble presque à un petit village : des maisons aux toits pointus bordent une allée tranquille, à seulement trente minutes de Lille. Les visiteurs bronzent, allongés sur les briques de ce musée conçu dans les années 1970, tandis que les jonquilles dorées donnent le ton de l’exposition inaugurale. Kandinsky et ses couleurs primaires sont à l’honneur, dont l’une de ses œuvres les plus connues, JauneRougeBleu.
Rendre visible l’invisible
A l’intérieur, la rétrospective « Kandinsky face aux images »,coorganisée avec le Centre Pompidou, propose un regard inédit sur l’artiste russe. L’exposition met notamment en lumière l’importance que Kandinsky consacrait aux images photographiques, aux publications scientifiques ou encore auxillustrations de presse. Ces documents sont présentés aux côtés de ses carnets de travail et 400 autres supports qui permettent de comprendre comment l’artiste nourrissait son imaginaire visuel.
De l’odeur des épices de Tunis à la chaleur du soleil vénitien, les émotions de Kandinsky sont retranscrites à travers la géométrie de ses œuvres. L’exposition nous révèle ainsi la volonté artistique du peintre : rendre visible l’invisible.
Rebattre les cartes de l’art abstrait
Pour Sixtine Plantain, responsable de la communication et du développement du musée, « l’idée est de pouvoir présenter ces grands noms de l’art toujours sous un prisme nouveau ». Le musée affiche une volonté de rebattre les cartes de l’art abstrait, souvent marginalisé. « C’est tellement abstrait que tu es obligée de demander de l’aide », plaisante un couple à la sortie du musée. Mais face aux œuvres de Kandinsky l’unique guide reste souvent l’émotion du spectateur. C’est le regard et l’interprétation singulière de chacun qui confèrent un sens à l’art abstrait et le fait exister. La barrière de la langue semble s’effacer. On entend parler espagnol, anglais, des visites guidées sont également proposées en Langue des Signes Française, correspondant à la volonté de faire du musée « un lieu vivant et hospitalier ».
Pour ceux moins sensibles à l’univers de Kandinsky, Modigliani et Picasso sont à retrouver parmi d’autres dans une collection permanente de plus de 9 000 œuvres, repensée tous les 24 mois.
« le Lam, un lieu de quotidien et de vie »
Cette fermeture de 18 mois a permis de repenser les liens entre le musée, le parc et ses visiteurs : « on a souhaité faire du musée un lieu de quotidien et de vie. On peut profiter du lieu même sans billet d’entrée », précise Sixtine Plantain. Car il n’y a pas une manière unique de venir au LaM. Au même titre que Kandinsky- qui était un fin observateur du monde- l’attention du détail contamine le visiteur dès son arrivée au musée. Tout est à contempler, y compris le Musée-jardin. Le parc se transforme en escapade culturelle : douze sculptures surplombent le jardin dans ce musée à ciel ouvert, tandis queles cris enfantins se mélangent aux chants des oiseaux.
Le LaM est également un lieu de restauration. Dans le nouveau restaurant Pigments du chef étoilé Florent Ladeyn, des plats gastronomiques ont été imaginés en écho aux formes, couleurs et textures de l’art du peintre, uniquement à partir de produits locaux.
Le Pigments café, ouvert sur le jardin, reprend quant à lui l’esprit de l’estaminet flamand dans une architecture de briques. DJ sets et nocturnes festives, organisés en partenariat avec la salle de l’Aéronef, devraient compléter cette nouvelle configuration à l’automne 2026.
*La rétrospective est accessible jusqu’au 14 juin 2026, du mardi au dimanche, à seulement 20 minutes de la Gare Lille-Flandres. L’entrée est au tarif plein de 11€, et nouveauté de cette réouverture, gratuite pour les moins de 26 ans.
Lila Gaidoz


