Médecine et athlétisme : le double défi d’Héloïse Mariette

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Le 17 janvier 2026, Héloïse Mariette, licenciée au club d’athlétisme de Villeneuve d’Ascq, a pulvérisé son record personnel en franchissant 1m80 au saut en hauteur. Elledevient la deuxième meilleure performeuse mondiale de l’année dans sa catégorie. 

Ce succès est d’autant plus impressionnant lorsque l’on connait son ambition professionnelle : Héloïse est en 1ère année de médecine et rêve de devenir pédiatre. 

​Bonne élève au lycée, l’objectif d’Héloïse a toujours été le même : devenir médecin.. Avant cette première année d’étude, elle performait déjà en athlétisme, notamment en saut en hauteur et en épreuves combinées. Alors bien sûr, en commençant des études de médecine, elle s’est posées des questions : son excellent niveau en athlé allait-il en pâtir ?.

Malgré ses doutes, elle a commencé cette première année avec assurance : « je ne veux pas avoir de regrets. Si je dois faire des sacrifices, je le ferai parce que la première année de médecine est une chance et je compte bien en profiter ». Elle a donc décidé de réduire ses entrainements. Un par semaine au lieu de trois. Et de voir ce que cela donnerait.

« Ça m’aide à me vider la tête »

Les études de médecine sont dures et chronophages.  Pour éviter de tomber dans le cercle vicieux du stress-boulot-dodo, Héloïse a trouvé la solution qui lui convient : utiliser ses rares et précieux temps de repos à ne faire qu’une seule chose : s’entrainer, s’entrainer encore… Pour cette athlète de 18 ans, l’athlétisme est une drogue, il lui permet de tenir mentalement et physiquement en cette période compliquée. « Ça m’aide à me vider la tête. Ce n’est pas une perte de temps, je suis obligée d’aller au stade pour tenir le coup ». 

L’objectif des études, mélangé à l’objectif du sport, forment lecombo parfait pour être productif dans les deux domaines : « Je me suis fixée une règle de vie : si je veux aller à l’athlétisme ce soir, je dois terminer d’apprendre ce cours avant ». L’athlétisme comme motivation.

« Je ne laisserai pas mes études bousiller ma santé mentale »

Elle en est certaine, son record personnel du 17 janvier est en grande partie dû à sa perte de poids, conséquence de la pression constante, et à sa nouvelle façon de gérer ce nouveau type de sentiment. Point positif, ses études lui ont appris à contrôler le stress et la pression différemment. 

Quant à son coach, Éric Chauchoy, il s’est adapté à son emploi du temps et à ses disponibilités. Elle considère d’ailleurs que c’est également grâce à lui qu’elle en est là aujourd’hui. « Le fait de venir en compétition sans que mon entraineur ne projette sur moi d’attente particulière, car il sait que je m’entraîne beaucoup moins, me permet d’être plus décontractée. Je n’ai rien à perdre ». 

Et puis, venir à l’athlétisme lui vide la tête. Voir des gens qui ne parlent pas de médecine. Qui ont une vie mouvementée et qui ont d’autres choses à partager. Tout cela l’aide à garder les pieds sur terre. A relativiser. Et elle ne laissera pas les résultats des examens lui gâcher la vie. 

« Si je n’y arrive pas, ce n’est pas si grave. Ce ne sont que des études, après tout. Je ne comprends pas comment des gens peuvent se mettre dans des états pitoyables pour réussir le concours. Alors oui, bien sûr, c’est le métier de mes rêves et je vais tout faire pour réussir. Mais je veux quand même continuer à vivre ma passion, à voir mes proches… Je ne laisserai pas mes études bousiller ma santé mentale ».

Mila Demont