Le MEL Makers est de retour

Un appel à projet est lancé, jusqu’au 10 mai, pour la 3ème édition du MEL Makers. La Mel, ses partenaires et KissKissBankBank s’associent pour accompagner 10 créateurs de la région lors d’une campagne de financement participatif et faire aboutir leurs projets.

Eté 2016. Hubert Motte, fondateur de La Vie est Belt, vient de terminer ses études. Il a un projet, auquel il croit dur comme fer : confectionner des ceintures en pneus recyclés. Seulement, pas facile de se lancer dans une telle aventure, seul, sans expérience … Plein d’ambition et ultra motivé, il répond à l’appel à projet lancé par la Mel en 2018. Le but de cette première édition du MEL Makers : accompagner des créateurs de la région et les aider dans leur projet à l’aide d’une campagne de financement participatif. Un jury étudie les différents dossiers pour en retenir 10. Les lauréats sont épaulés dans leur campagne de financement participatif en vue d’une future commercialisation.

Upcycling

Comment ça marche ? La plateforme de financement participatif KissKissBankBank, partenaire du MEL Makers, vient créer l’interface entre les porteurs de projets et les contributeurs. Une fois le projet publié sur la plateforme, les internautes sont invités à participer à son lancement. C’est une étape clé pour les créateurs, la première confrontation de leur produit au grand public. Hubert Motte se souvient : « Nous avions déjà commencé à travailler en partenariat avec Alter Etos, une entreprise adaptée qui emploie principalement des personnes en situation de handicap. Le MEL Makers nous a permis de réaliser notre première campagne de prévente mais aussi de lancer une nouvelle gamme de produits comme les Nœuds Pap’ en tissus et chambre à air recyclés. C’est aussi un coup de pouce en termes de visibilité et d’encrage sur le territoire ».

Hubert Motte de La Vie est Belt.

Pour son édition 2020, le Mel Makers met à l’honneur l’upcycling. Upcycler ? C’est donner une seconde vie à des objets ou matériaux destinés à être jetés. Car l’économie circulaire est l’axe phare du MEL Makers.

Un soutient au démarrage

Upcycler, c’est aussi le crédo de Louis Arnaud Motte, fondateur de l’entreprise Les Hauts de Coutures et la marque ResponsaC, quand il postule avec succès pour la saison 2. Il a été repéré pour son projet qui, aujourd’hui, prend du sens plus que jamais. Sa volonté, c’est de préserver le métier des artisans couturiers de la région Haut de France. Il se lance dans la confection de sacs en tissus recyclés avec des couturiers professionnels. Ainsi, l’économie réalisée sur la matière 1ère est réinvestie dans les salaires des couturiers partenaires.

Louis Arnaud Motte de ResponsaC.

Ce que le MEL Makers a représenté pour lui ? « Un 1er soutien au démarrage. Cela fait du bien de se sentir porté par des personnes et aussi par une institution telle que la MEL. C’est un soutien moral et psychologique avant tout ». Aujourd’hui, face à la crise, les projets du jeune entrepreneur sont quelque peu freinés. « On avait prévu de lancer un atelier participatif avec notre réseau de couturiers professionnels. Notre but, c’est toujours d’agir sur la sauvegarde d’emploi des artisans couturiers de la région. Avec le confinement, ce projet est en pause, on s’est converti dans la confection de masque. On a une activité plutôt dense. ». Après la crise, Louis-Arnaud relancera son projet d’ouverture d’ateliers participatifs dans la région.

Chaussettes orphelines

Mouyan Wong, fondatrice de Monsieur Lucette, dont on a déjà parlé ici, a elle aussi participé à la saison 2. Elle veut « défaire les paires » et en découdre avec les chaussettes orphelines. Son concept est né ainsi : « On connait tous l’histoire de la chaussette orpheline et c’est un véritable gâchis. On les met de côté, sans les utiliser, dans l’espoir de retrouver la 2e… en vain ! Même s’il y a des chaussettes orphelines, il faudrait que chacune puisse s’accorder avec les autres ». Mouyan y remédie et lance la vente de chaussettes à l’unité en coton recyclé. Monsieur Lucette répond à l’appel à projet en 2019, Mouyan en garde un bon souvenir. « C’est une chouette aventure, on est accompagné dans la campagne de crowndfounding puis dans la commercialisation. Cela m’a aussi aidé à expliquer mon produit au grand public, ce qui n’est jamais évident. Le jury avait démarré au mois de juin et mi-septembre, Monsieur Lucette était lancé ». Aujourd’hui, l’entreprise de Mouyan, comme beaucoup d’autres, est affectée par la crise sanitaire. La production est à l’arrêt mais la vente en ligne continue. Ce moment lui permet de penser à de nouvelles collections.

Mouyan Wong de Monsieur Lucette.

Nos Makers sont unanimes, ce dispositif est un véritable tremplin. L’appel à projet de la 3ème édition a été prolongé jusqu’au 10 mai en raison des circonstances actuelles. L’année 2020 est, sans aucun doute, pleine de belles promesses. Le local, la limitation de l’impact écologique, la préservation des emplois sur le territoire sont des critères qui feront la différence. On terminera ce papier sur les mots d’Hubert aux futurs candidats de la saison 3 : « Bravo et quoi qu’il arrive, si vous portez votre projet au fond des tripes, alors il a tout pour se réaliser ! ».

Rose de Montmorillon

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