La valse d’une vie

« La danse possède cette particularité universelle de pouvoir lier des milliers de personnes », affirme-t-il avec passion. Aujourd’hui, elle nous réunit pour cette interview. Lui, c’est Sylvère Lamotte, 33 ans, danseur, chorégraphe et fondateur de la compagnie Lamento. Une de ses créations ? Un furieux désir de bonheur. La dernière représentation ? Programmée le 8 janvier. Annulée. Ce n’est pas la première fois. Avec Sylvère, Circonflex Mag  s’est immergé dans ce milieu du spectacle en pleine crise. Une manière de le soutenir. Dix questions, 10 réponses … C’est parti !

Chorégraphe, une vocation ?

Avant d’être chorégraphe, j’étais danseur. Dès 2 ans et demi, je me suis initié à l’éveil corporel. Puis je suis entré dans une école privée essentiellement classique. Je n’ai commencé le contemporain qu’en arrivant au conservatoire de Rennes en Bretagne. Très vite, j’ai eu des envies qui divergeaient de celles des chorégraphes avec lesquels je travaillais. Je voulais exprimer quelque chose que je n’avais pas encore perçu ailleurs.

 

Qu’est-ce que vos professeurs vous ont apporté ?

Mes deux professeurs de danse contemporaine, Florence Tissier et Sylvain Richard, m’ont apporté la libération d’un mouvement qui n’était plus uniquement codifié. Ils m’ont ouvert une porte sur un monde incroyable. Je pouvais m’exprimer. Mon professeur de danse-contact, Didier Sihol a été une révélation. Je sais ce que je lui dois.

 

 

D’où vous vient l’inspiration ?

Il me vient d’abord le contact, ensuite le contexte. La danse-contact, c’est un mouvement qui est né aux Etats-Unis avec Steve Paxton au début des années 70. C’est un courant de la danse contemporaine qui porte une attention accrue à l’autre. Elle envisage l’autre dans sa globalité, dans sa spécificité comme lien d’écriture et d’improvisation éphémère.

 

Comment faire pour se renouveler ?

Je m’inspire continuellement des interprètes. J’adapte la chorégraphie à leurs désirs et leur corps. Pendant 5 ans, j’ai fait des recherches dans les hôpitaux pour tester, avec patients et soignants, des formes d’écritures qui s’adapteraient aux formes du handicap physique. Aujourd’hui, je concentre mon activité à tester mon écriture dans les prisons. Mon futur projet ? Le corps renfermé, empêché.

 

Pour vous, qu’est-ce que la danse ?

Danser, c’est invoquer le moment présent. Durant cet instant, je me concentre sur le plaisir de m’abandonner à elle et j’arrête de penser.

 

 

Un meilleur souvenir ?

Les regards des spectateurs.

 

Un furieux désir de bonheur, qu’est-ce que cela raconte ?

Léonie, 70 ans, attend la mort. Celle-ci ne vient pas. Arrive alors un sursaut de vie. Elle décide d’être heureuse dans ce moment que lui offre la vie. Ce bonheur va être contagieux. Cela pose des questions – qu’est-ce qui nous empêche d’être heureux ? – … et des réponses – identifier ses désirs afin d’arriver au bonheur.

 

Cirque et danse se mélangent ?

Oui. C’est de ma collaboration avec Olivier le Tellier qu’est née cette chorégraphie. Il fallait une équipe hétérogène, d’âge, d’expérience et de technicité différente. Il fallait aussi des « corps vécus ». Des corps qui ne sont pas normés à danse. Des corps bruts. Il fallait enfin que les spectateurs puissent s’identifier aux personnages.

 

 

Le meilleur conseil qu’on vous ait donné ?

Je n’ai jamais été dans la norme du danseur. On m’a dit : accentue tes défauts, ils deviendront tes qualités.

 

Celui que vous donneriez ?

Persister.

 

Sylvère Lamotte en 6 dates :

17 septembre 1987 : naissance
Septembre 1990 : Débute la danse à Rennes.
Septembre 2002 : Réussite du concours du Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris en danse contemporaine.
Juillet 2007 : Duo MC14/22 d'Angelin Preljocaj dans une église à la Vieille Charité à Marseille. L'un de ses premiers spectacles professionnels.
Juin 2014 : Ruines : premier spectacle de la compagnie Lamento, joué à Paris.
Juillet 2017 : Première pièce présentée au festival d’Avignon.

 

Retrouvez la Compagnie Lamento sur leur site internet et Sylvère Lamotte sur Facebook.

 

Aurélia Petit

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