La grogne monte dans les lycées

Depuis le retour en cours des élèves, après les vacances de la Toussaint, les lycées sont sous haute-tension. Des élèves et des enseignants dénoncent le protocole sanitaire jugé insuffisant pour freiner l’épidémie. Après des tentatives de blocages de lycées par des élèves, certains professeurs se sont mis en grève. Le mouvement pourrait durer et s’étendre malgré la mise en place du nouveau protocole sanitaire. Pour tenter de comprendre les revendications des étudiants, Circonflex Mag a rencontré Jemima, une élève de seconde au lycée Fénelon à Lille. Elle témoigne sur la situation dans son établissement scolaire.

 

Est-ce une surprise pour vous de voir les lycées rester ouverts ?

C’est vrai, cela m’a étonné. Le protocole sanitaire ne peut pas être totalement respecté dans ces lieux clos. Les élèves et professeurs se retrouvent souvent dans des salles et des couloirs où la distanciation physique est difficile à respecter. Ça nous met tous en danger.

 

Quelle est la situation dans votre lycée ?

La situation est tendue. Il y a déjà eu deux blocus la semaine dernière et de nombreux professeurs ont fait grève, ce qui ne nous permettait pas de suivre les cours normalement.

 

Avec les dernières décisions prises pas le gouvernement pour imposer des cours en demi-groupe, peut-être que les choses vont s’arranger ?

Nous avons été écoutés, ce n’est pas trop tôt ! Maintenant, nous souhaitons que les choses rentrent dans l’ordre. Le but est que les professeurs et élèves puissent travailler dans les meilleures conditions possibles. Dans mon lycée, les classes seront divisées en deux groupes distincts. Un groupe aura cours le matin et l’autre groupe aura cours l’après-midi. De ce fait, le programme sera donc allégé et l’emploi du temps modifié. Pour l’instant, nous n’aurons pas de cours en visioconférence.

 

On doit faire un test

 

Quel est le protocole sanitaire mis en place dans votre établissement depuis le retour des vacances de la Toussaint ? 

Le lycée a décidé d’instaurer un sens de circulation dans tous les couloirs et dans les escaliers pour limiter le brassage d’élèves. Nous avons aussi à disposition des fontaines à gel hydroalcoolique et, dès que possible, on essaie d’éloigner les tables les unes des autres dans les salles de classe. Évidemment, le port du masque est obligatoire au sein du lycée et à 50 mètres autour du lycée.

 

Et quand est-il pour la cantine ?

Notre lycée est très petit et a déjà mis en place un protocole pour la cantine : le repas se déroule de 11h à 14h pour que toutes les classes aient le temps de manger.

 

Comment cela se passe-t-il quand un élève est positif à la Covid-19 ?

Lorsqu’un élève est positif au virus, il doit faire la liste de toutes les personnes qu’il a vu sans être masqué. L’infirmière du lycée nous appelle et nous donne des consignes à respecter : on quitte directement le lycée et on doit rester chez soi pendant 1 semaine à compter du dernier contact sans masque avec la personne positive. Ensuite, on doit faire un test.

 

Les règles sanitaires sont-elles respectées par les lycéens ?

Les lycéens ont pris conscience que la situation était grave. Peut-être qu’au début, nous ne faisions pas assez attention car on pensait qu’il n’y avait pas de risque. Mais, aujourd’hui, le port du masque est bien respecté par l’ensemble des lycéens et nous utilisons le gel hydroalcoolique qui est à notre disposition. Pour ce qui est de la distanciation physique, elle est respectée par les élèves quand cela est possible.

 

J’ai complètement décroché

 

Comment se sont passés les cours pendant le premier confinement ?

J’ai suivi des cours en ligne, nous avions des visioconférences plusieurs fois par semaine et nous communiquions via une plateforme en ligne directement avec nos professeurs.

 

Et tu as réussi à travailler à peu près normalement ?   

J’ai complètement décroché pendant cette période. Je n’ai jamais eu l’habitude de travailler chez moi, c’était compliqué de ne pas avoir un professeur en face. C’est aussi difficile de se concentrer à la maison quand on a une famille nombreuse avec des enfants autour de soi. On se laisse distraire beaucoup plus facilement que dans une salle de classe et la motivation diminue.

 

Le décrochage scolaire est-il une bonne raison de laisser ouverts les lycées ?

Oui, bien sûr… Je comprends que l’on souhaite maintenir des cours en présentiel pour lutter contre les inégalités entre les élèves et ainsi, éviter un décrochage scolaire. Mais notre santé et celle de nos proches sont en jeu. Je ne veux pas revivre la même situation que lors du premier confinement mais si c’est la seule bonne solution, alors il faut la prendre.

 

Etes-vous inquiète pour votre avenir ?

La situation que l’on traverse est difficile pour tout le monde mais encore plus pour les jeunes. Notre avenir est incertain. A court terme, si nous devons reprendre des cours en ligne, je pense que nous serons mieux préparés que lors du premier confinement. Il faut s’accrocher pour suivre les cours au maximum. En ce moment, je me pose beaucoup de questions. J’ai peur que l’on devienne une génération sacrifiée.

 

Clément Poulet

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