Rencontre avec Rachel Saïdi, joueuse du LOSC

Tandis que les joueurs du LOSC se morfondent dans les bas-fonds de la Ligue 1, les Lilloises ne cessent de faire parler d’elles en D2. Avec une première place et une seule défaite en 12 matchs, elles semblent en bonne voie pour accéder à la première division. Circonflex Mag a rencontré Rachel Saïdi, milieu de terrain, pour en savoir plus sur les ambitions du LOSC.

Rachel Saïdi, 28 ans, originaire de Dunkerque, fait partie de l’équipe féminine de Lille depuis sa création le 23 juillet 2015. Issu de la fusion du club lillois avec l’équipe de football féminin de Templemars-Vendeville, le LOSC a bien grandi depuis : « Au début de la saison, notre objectif était de viser le top 3, alors que l’an dernier, on voulait simplement se maintenir. Avec 5 points d’avance sur le deuxième (Arras FCF), on est dans les clous ! ».

Les feux sont tous au vert mais la milieu de terrain, qui est également, depuis septembre, coordinatrice des équipes féminines du LOSC (de 6 à 18 ans) ne s’enflamme pas : « Il y a un gouffre entre la première division et la seconde. Metz en est l’exemple parfait. Alors qu’il y a 1 an, cette équipe survolait la D2, elle est actuellement dernière de D1 avec un seul petit point ».

Il faudra que l’équipe se renforce à tous les postes.

Pour Rachel Saïdi, si le LOSC grimpe à l’échelon supérieur, le maintien passera par la mise en place de mesures incontournables : « Pour espérer pérenniser le club en première division, il faudra que l’équipe se renforce à tous les postes, avec des joueuses d’expérience. C’est primordial ! Une organisation sportive de haut niveau devra également voir le jour pour que l’on puisse s’entraîner plus. Mais il ne faut pas non plus oublier qu’à côté du football, les joueuses ont une vie. Elles sont étudiantes, salariées, et doivent assumer une autre carrière professionnelle »

Tout comme les footballeuses, le club devra lui aussi se spécialiser à tous les échelons pour faire de ces sportives de véritables athlètes issues d’une structure pro, et capables d’aller encore plus haut.

Cela a attiré de nombreux curieux.

Et le foot féminin dans tout ça ? On a tendance à l’oublier mais depuis la Coupe du Monde 2011 organisée en Allemagne, ce sport s’est démocratisé en France. Pour Rachel Saïdi l’épopée des Bleues durant ce tournoi n’y est pas étrangère : « Les Français/-ses se sont rendus compte de l’existence du football féminin. Cela a attiré de nombreux curieux. N’oublions pas non plus que la Fédération Française de Football a mis en place depuis plus de 10 ans un plan de développement et de féminisation du football. »

Résultat : le nombre de licenciées ne cesse de grimper. Désormais, il ne manque plus qu’un titre à l’équipe de France féminine pour concrétiser cet engouement. La Coupe du Monde 2019, organisée en France, arrive à point nommé pour permettre aux Françaises d’atteindre le graal.

Les médias n’en ont pratiquement pas parlé.

Malgré ce vent nouveau qui souffle sur le football féminin en France, les sportives hexagonales restent moins médiatisées que leurs acolytes masculins. Pour Rachel Saïdi, les performances des femmes ne sont pas toujours reconnues à leur juste valeur : « Quand je vois que l’an dernier, les Bleuettes ont réalisé de superbes parcours en U19 (championnes d’Europe) et en U20 (vice-championnes d’Europe), et que les médias français n’en ont pratiquement pas parlé… C’est assez désolant ! »

Aujourd’hui, seule la chaîne CSTAR et quelques fois Eurosport 2 diffusent des matchs féminins de football. Avec la Coupe du Monde organisée en France, le traitement médiatique ne peut que s’améliorer. En tout cas, Rachel Saïdi y croit. C’est tout le mal qu’on souhaite aux footballeuses féminines françaises !

Simon Goeken

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