Effet de mode ou révolution de la course à pied ?
Vendredi 9 janvier dernier, les milliers de dossards mis en vente pour l’Urbain Trail de Lille se sont écoulés en l’espace de quelques heures. Une ruée loin d’être surprenante au regard de la popularité d’un événement qui lie sport et culture, et qui offre aux participants une manière inédite de redécouvrir le patrimoine de la métropole. Mais au-delà de ce concept original, l’Urbain Trail témoigne d’un phénomène plus large : l’essor spectaculaire de la course à pied, devenue, en quelques années l’un des sports préférés des Français.
L’Urbain Trail de Lille s’est imposé comme l’un des rendez-vous sportifs et culturels les plus attendus du printemps dans la métropole. Pour sa 8ᵉ édition programmée le 4 avril 2026, l’événement propose trois formats de course adaptés à tous les niveaux : un 5 km et un 10 km, homologués ainsi qu’un Urbain Trail de 9 km non chronométré que l’on peut courir ou simplement arpenter à son rythme, sans pression.
Alors bien sûr, c’est surtout dans le 9km que l’esprit festif de l’évènement transparaît. Pensé pour accueillir familles, groupes d’amis et coureurs, le parcours s’adresse à un public plus large. Il séduit pour son combo sport + découverte urbaine. Un pari gagné pour les organisateurs qui voient chaque année des milliers de coureurs fouler les joyaux historiques et culturels de la ville. Palais des Beaux-Arts, église Saint-Maurice, Hôtel de Ville, cathédrale Notre-Dame-de-la-Treille, Opéra ou encore gare Saint-Sauveur : aucun monument n’est mis de côté. Une immersion qui atténue l’effort physique et permet de profiter d’une visite atypique du patrimoine lillois.
Le running : un succès qui ne démord pas
Cet engouement est loin d’être un fait isolé. La course à pied connaît en France une croissance profonde et durable : plus de 12 millions de Français la pratiquent régulièrement. 10,67 millions d’entre eux ont participé à au moins une course organisée l’an dernier, selon les données de l’observatoire du Running. Un sport qui se classe aujourd’hui à la quatrième position dans le classement des sports préférés des Français.
Mais c’est plus largement la prise en compte nationale de l’importance de l’activité physique qui permet de justifier ce positionnement. Grâce au succès des grands événements sportifs, à l’image des Jeux Olympiques de Paris 2024, les Français sortent davantage leurs baskets du placard et sont de plus en plus motivés pour transpirer. Plus de 7 Français sur 10 ont déclaré pratiquer une activité physique en 2024. Une prouesse pour la culture sportive qui est désormais capable d’associer sport, santé & plaisir.
Qu’il soit individuel ou collectif, le succès de la course à pieds se traduit également par son moindre coût. Pas besoin d’équipements coûteux ni d’infrastructures spécifiques ou encore moins d’abonnement à la salle : la course s’offre partout, et s’intègre à tous les emplois du temps. Des avantages qui la rendent aujourd’hui de plus en plus attractive, notamment depuis la période du confinement en 2020. Une situation sanitaire exceptionnelle qui a fait de ce sport l’un des seuls autorisé en plein air, au vue de la fermeture des établissements de sport. Et c’est au regard des données d’applications de running que l’on s’en rend compte le plus : l’application Runkeeper a enregistré une hausse de 400% des inscriptions d’utilisateurs en France.
Ces comportements ne se sont pas estompés avec le temps et ont même développé un marché fructueux. En France, le marché du running pèse lourd, près d’un milliard d’euros, notamment avec le développement de chaussures haut de gamme et de montres connectées capables de calculer de précieuse données de santé.
Bon pour le corps et l’esprit
Les bénéfices pour la santé physique et mentale sont aujourd’hui les plus grands moteurs de la pratique du running Le baromètre Sport Santé 2025 montre que, au‑delà du plaisir de se défouler, de se muscler ou de perdre du poids, la recherche de bien‑être et de vitalité figure parmi les principales motivations des Français. Aujourd’hui, 91% d’entre eux déclarent que l’activité physique a un impact positif sur la santé mentale, un enjeu suffisamment important pour être inscrit comme Grande Cause Nationale.
Sur le plan physique, courir régulièrement renforce le système cardiovasculaire, améliore l’endurance, stimule le métabolisme et contribue à la prévention de maladies chroniques. Coeur, poumons, circulation sanguine : chaque foulée aide à agir sur les fonctions vitales et la gestion du poids. Côté mental, la course stimule la production de sérotonine et d’endorphines, réduisant le stress et améliorant l’humeur générale. Si elle ne remplace pas un traitement médical, la pratique régulière peut néanmoins atténuer certains symptômes liés aux troubles anxieux ou dépressifs, offrant un véritable complément bénéfique pour la santé mentale.
Après tout, chacun a sa recette personnelle, comme en témoigne le Docteur Simon-Pierre Mallong, médecin du sport à Lille, qui déclare que « l’important est de trouver ses propres ressources mentales pour faire passer le temps et gérer l’effort ». Renforcer son cœur et son mental s’impose aujourd’hui comme un véritable objectif de vie, loin d’un simple effet de mode, dans une société qui redécouvre l’activité physique comme un pilier essentiel du bien‑être
Diane Blet

