Les 15 et 22 mars auront lieu les élections municipales à Lille. Pour la premièrefois depuis 24 ans, elles se tiendront sans Martine Aubry, qui a démissionné au mois de mars dernier. La métropole compte environ 125 000 étudiants, un chiffre conséquent. Circonflex est parti à leur rencontre pour parler engagement politique et récolter leur point de vue sur ces élections.
À Lille, l’intérêt des jeunes pour la politique passe d’abord par le quotidien. Dans la rue, sur les campus ou à la sortie du métro, beaucoup évoquent spontanément les mêmes préoccupations : le prix des loyers, les transports, la sécurité ou l’écologie. Des sujets directement liés aux décisions municipales. Plusieurs enquêtes nationales sur la participation électorale des jeunes montrent que beaucoup d’étudiants ne votent pas aux élections municipales dans leur ville d’études,notamment parce qu’ils restent inscrits sur les listes électorales de leur communed’origine, un phénomène particulièrement visible dans des villes universitaires comme Lille. Et, selon l’INSEE, les 18-29 ans participent moins systématiquement au vote que les générations plus âgées. Cette abstention relative ne démontre pas un désintérêt total de la vie politique, plusieurs enquêtes nationales et européennes montrent que les jeunes privilégient d’autres formes d’engagement, comme les pétitions, les mobilisations locales ou s’exprime politiquement en ligne.
500 à700 euros par mois pour un studio, ça pèse lourd sur le budget
Plusieurs étudiants rencontrés à Lille soulignent les mêmes difficultés : « Lesloyers sont vraiment chers pour nous », confie Pierre, 22 ans. « Et les transports, même avec les tarifs étudiants, ça reste un budget », ajoute l’un de ses camarades.C’est vrai .Les loyers à Lille restent assez élevés pour les étudiants : 500 à 700 € par mois pour un studio, ça pèse lourd sur le budget. À cela s’ajoutent les courses, les transports, et surtout les allers-retours en train, qui peuvent coûter très cher. Beaucoup estiment qu’il faudrait davantage de réductions étudiantes, quece soit pour les transports, les sorties ou le cinéma, pour rendre la vie plus accessible. « Je vais voter pour le programme qui se concentre le plus sur les étudiants et qui améliore vraiment notre quotidien, surtout au niveau destransports, parce qu’il y a toujours des problèmes de bus et de métro qui te font louper des cours ou rater des examens. Et je veux aussi voir plus d’actions écologiques », affirme Angèle 19 ans.
Améliorer la sécurité
La sécurité est également une préoccupation importante pour les étudiants de la Métropole L’accident tragique de Mathis, un étudiant de 19 ans, renverséboulevard de la Liberté par une voiture fuyant les forces de l’ordre, largementrelayé dans les médias, a rappelé combien il peut être dangereux de se déplacer en ville, surtout la nuit. Or Lille est connu pour s a vie nocturne importante et la jeunesse aimerait pouvoir sortir sans s’inquiéter, sans avoir peur. Pour eux, il est essentiel que la municipalité mette en place davantage de mesures pour améliorer la sécurité dans la ville.
Des actions concrètes
En résumé, pour les étudiants qui vont voter à Lille, plusieurs priorités se dégagent clairement. Ils souhaitent avant tout des actions concrètes, avec une améliorationdu système de transports et davantage de réductions pour les déplacements et les loisirs. La sécurité, en particulier pour les étudiantes, reste également un enjeu majeur, que ce soit dans la rue ou lors des sorties nocturnes.
Enfin, des mesures écologiques sont aussi attendues, reflétant l’intérêt desjeunes pour une ville plus durable.
Madeleine Martelli


