Cette année, grâce à elle, l’émission culte de M6 se conjugue au féminin. Mardi 12 décembre, Rachel Levesque a remporté la sixième édition du Meilleur-e Pâtissier-e. Cette Lilloise de 28 ans nous a ouvert la porte de son univers. Elle nous raconte son épopée et les coulisses de ce grand concours médiatisé.
Circonflex Mag : Dans le portrait diffusé par M6, on dit de vous que vous êtes une personne “méticuleuse et compétitrice”. Mais est-ce bien la vraie Rachel ?
Rachel Levesque : Je ne vais pas vous mentir. Quand j’ai su que j’étais sélectionnée, je me suis tout de suite fixée un objectif : atteindre la demi-finale, et dans la foulée, pourquoi pas, gagner cette sixième édition. Je savais que j’en avais les compétences. Etre compétitrice, c’est avoir un mental, gérer ses émotions, savoir ce que l’on veut et se donner les moyens pour y arriver. Le problème, c’est que ça énerve les gens quand on veut réussir….et qu’on réussit tout en le disant ! ( rires ).
Rares sont les jours où je ne fais pas un gâteau !
Toujours dans ce portrait, on voit que vous êtes designer-textile mais aussi danseuse, créatrice sur céramique …faut-il ajouter pâtissière à cette longue liste ?
Je voudrais que la pâtisserie prenne toute la place dans ma vie…

Pâtisser vous rend-t-il à ce point heureuse ?
Oui, et depuis longtemps. La pâtisserie m’accompagne depuis que je suis toute petite. Ce que je trouve spectaculaire, c’est tout ce qu’il se passe au niveau des molécules. C’est ça, l’essence même de la pâtisserie. Je suis ébahie par les textures qu’on peut obtenir. C’est pour cette raison que la pâtisserie me parle plus que le salé. Je trouve que c’est magique. Rares sont les jours où je ne fais pas un gâteau !
Qu’est-ce qui vous a poussé à vous inscrire au Meilleur Pâtissier ?
J’ai fait ça comme on lance une bouteille à la mer, j’avais envie de me challenger. Je me souviens, j’étais en train de passer de l’enduit sur les murs de ma maison quand je me suis dis que cette vie ne me convenait plus. Je voulais faire des gâteaux, rendre les gens heureux (rires). Je suis descendue dans mon bureau, et aves mes doigts plein d’enduit, j’ai envoyé un mail. Et voilà où j’en suis!
C’est ce qui s’appelle une incroyable intuition !!
J’ai reçu la réponse quelques jours après : je les intéressais ! Après un entretien téléphonique, je suis allée à Paris pour faire les essais-caméra en apportant 2 gâteaux que le jury a goutés. Ensuite, on nous a donné trois heures pour confectionner 2 autres gâteaux. Mais avant d’être définitivement sélectionnés, la production nous a demandé de nous entrainer sur des classiques et d’envoyer des photos de notre travail tous les 2-3 jours pour voir ce dont on était capable. C’est à ce moment que tout commence. Dès lors où l’on est choisi, tout s’enchaine à un rythme effréné. Il faut concevoir 2 gâteaux par jour suivant les thématiques qui nous sont proposées. Mais c’est un passage obligé sinon, ce serait catastrophique une fois sous la tente.
J’ai fait ça comme on lance une bouteille à la mer.
À l’antenne, l’ambiance est légère, vous semblez vous apprécier entre candidats. Mais est-ce réellement le cas hors caméra ?
Pour le coup, la télé ne peut pas toujours mentir. Du jour au lendemain, on est propulsé dans une bulle. Candidats, caméraman, staff, … on ne connait personne, on n’a plus de contacts avec l’extérieur. Les horaires de tournage s’étalent de 6:00 du matin à 2:00 du matin. On ne peut faire autrement que de se serrer les coudes et de s’entre-aider, et les amitiés se créent très vite.
Maintenant que cette belle expérience est terminée, dans quel état d’esprit êtes-vous ?
Durant ce concours, j’ai fait ce que j’avais à faire. Je suis sereine ! Alléluia ! ( rires ).

Et qu’allez-vous faire de cette notoriété toute neuve ?
Je donne déjà des cours de pâtisserie, 4 ou 5 par semaine, c’est beaucoup de travail. Ensuite, j’ai envie de développer mon blog : créer mon univers, qu’il soit reconnaissable et pouvoir enfin faire ce dont j’ai toujours rêvé : mélanger mon métier de designer et la pâtisserie. J’aimerais beaucoup que des marques culinaires me contactent pour les représenter. Pour Noël, j’ai collaboré avec un éditeur de design, Petite Friture. Je leur ai inventé une bûche pour leur compte Instagram. Voilà le job que je veux faire.
Durant cette aventure, quelle a été votre plus belle rencontre ?
Philippe Conticini, sans hésitation ! C’est un homme qui est d’une tendresse, d’une générosité et d’une bienveillance impressionnantes. Il est resté assez longtemps hors caméra. Normalement, après le “royal tour”, les chefs repartent dans leur loge. Lui, il regardait, il discutait. Il était très investi. Il m’a même consolée en me disant : “Mais Rachel, vous êtes magnifique, vous avez un sourire magnifique, surtout continuez comme ça, c’est génial ce que vous faites”. C’était très rassurant.
Ce ne doit pas être facile de se retrouver face à de tels monstres sacrés …
On se sent tout petit. Pendant hyper longtemps, j’ai planqué mes préparations dans mon frigo, sous mon plan de travail, pour ne pas que les chefs goûtent, tellement j’avais peur… Ils ne viennent pas à la télé pour faire les guignols. S’ils vous disent que c’est bon, c’est que ça l’est. Et inversement. C’est quand même leur réputation et leur crédibilité qui sont en jeu.
C’est la-bas que j’ai appris ce qu’était vraiment la pâtisserie.
Et comment s’est passée la rencontre avec Cyril et Mercotte ?
La première fois que nous les avons croisés, c’est le jour même de la première épreuve. Ils nous ont dit : « Bonjour », puis “ 3, 2, 1 … Pâtissez ” … et c’était parti. Croyez-moi, il faut avoir le cœur bien accroché ! Mercotte, c’est vraiment quelqu’un de formidable. Avec Cyril, c’est une super rencontre, même si j’avais moins d’affinité avec lui. Mais à chaque fois, il passait au moins 15 min à nous dire ce qui avait été, ce qui l’était moins. C’est là-bas que j’ai appris ce qu’était vraiment la pâtisserie.