19h : alors que tout semble calme à l’extérieur du Théâtre Sébastopol, à l’intérieur, c’est déjà l’effervescence. Dans la loge du personnel, les hôtes et les hôtesses arrivent, se changent et signent leur contrat du soir.

Tenue imposée : tout en noir, avec le t-shirt du théâtre. Ce soir, la salle de 1300 places affiche complet pour le spectacle de Pierre Emmanuel Barré, Comeback. Pour beaucoup, il s’agit d’un job étudiant ou temporaire « en attendant de trouver une place en master », tient à préciser une hôtesse. Derrière le rideau rouge se cache une organisation bien rodée.

Avant l’ouverture des portes, l’équipe se réunit pour un briefing mené par Sati, la supérieure pour cette soirée : informations sur le spectacle, consignes au public, … Le ton est sérieux, mais ponctué d’humour. Les talkies-walkies sont distribués, les postes attribués. Ce soir, ils ne sont que quatre à l’orchestre, un effectif jugé « un peu juste » par certains ouvreurs. D’autant que des changements de placement liés à des travaux risquent de provoquer des mécontentements du côté des spectateurs. « On doit toujours trouver des solutions quand les gens ne sont pas contents » résume Sarah, une hôtesse.

« C’est cardio, avec les escaliers ! »
Malgré les responsabilités, l’ambiance reste détendue. Les blagues fusent, certains plaisantent entre eux avant l’arrivée du public. « L’équipe est super fun, on rigole beaucoup. Les collègues se sont transformés en amis et on se voit même en dehors du travail ».
Travailler dans ce lieu magique à ses avantages. « C’est super beau comme cadre pour un job étudiant. Et on peut rester voir les spectacles après, c’est une vraie chance », poursuit Sarah. Mais le rythme est soutenu : « C’est cardio avec les escalier », plaisante une ouvreuse. Les postes en orchestre sont d’ailleurs mieux payés que ceux en balcon puisqu’il y a davantage de pression avec les spectateurs pressés ou mécontents. « Des fois, il vaut mieux être en haut, on prend moins de remarque des gens ».
20 h 10 : une file se forme à l’entrée de l’orchestre : le rythme s’accélère. « C’est là que ça devient cardio », glisse un ouvreur. L’atmosphère reste pourtant joyeuse. « Les ouvreurs, ça a un côté pratique, et puis ça met dans l’ambiance du spectacle », confie un spectateur qui patiente pour être placé.
20 h 15 : un imprévu survient : trop de spectateurs sont encore au bar, la salle se remplit trop lentement. Cinq minutes plus tard, tout s’accélère. Des renforts sont descendus du balcon pour aider. La règle est stricte : une fois le spectacle commencé, plus personne n’entre en orchestre.
20 h 30, et quelques minutes : tout le monde est installé. Les lumières s’éteignent. Dans l’ombre, les ouvreurs restent en poste, invisibles pour la plupart des spectateurs, mais toujours vigilants, essentiels au bon déroulement de la soirée. Le spectacle peut commencer.

Margot VARIN


