Dernière réunion publique d’Arnaud Deslandes avant le premier tour des municipales

Circonflex était lundi soir à la salle Raymond Herbaux, dans le quartier Saint-Maurice Pellevoisin, où une centaine de personnes étaient venues assister à la dernière réunion publique du maire sortant. Crédité de 28 % des intentions de vote au premier tour selon l’IFOP, le successeur de Martine Aubry fait figure de favori pour conserver son bureau au beffroi.
Pour de nombreuses personnes présentes ce soir, c’était l’occasion de rencontrer pour la première fois Arnaud Deslandes, fraîchement nommé maire l’an dernier suite au départ de Martine Aubry (maire de Lille de 2001 à 2025). C’est le cas de Florent, habitant du quartier qui compte sur le candidat pour “s’inscrire dans la continuité de ce qui a été fait depuis une vingtaine d’années, en s’imposant comme la meilleure option face au bloc central”. Cette opposition est représentée par la candidate macroniste Violette Spillebout qui, selon Florent, “ne donne pas de solides garanties sur le logement et la solidarité”.

“Cette liste rassemble toute la gauche”

Arnaud Deslandes l’a rappelé, « notre liste rassemble toute la gauche lilloise, du Parti Socialiste au Parti Communiste, de François Ruffin à Raphaël Glucksmann”. Pour le maire sortant, « Lille traverse une époque de confrontation de la société”, où le modèle social est menacé par de nombreuses remises en cause. Il souhaite “faire une place à tout le monde” en s’appuyant sur une politique du logement qu’il a détaillé. Il explique avoir pris l’engagement de “rénover 2300 logements par an” pour répondre à l’urgence sociale. Cette priorité est au cœur de son programme pour protéger les plus fragiles, surtout comme il l’a rappelé, qu’à Lille, “un quart de la population vit sous le seuil de pauvreté”.

“La sécurité n’est plus tabou, il faut travailler dessus”

Interrogé sur la sécurité, le candidat socialiste a estimé qu’il jugeait ce sujet important. Il l’affirme, “ce thème n’est plus tabou, notamment avec les trafics de stupéfiants qui touchent la métropole”. Arnaud Deslandes a annoncé son intention de recruter 50 policiers municipaux supplémentaires afin de renforcer la présence sur le terrain. Toutefois, il insiste sur le fait que la répression ne suffit pas : il faut plus de médiation et de prévention dans les quartiers concernés. Il compte également solliciter le gouvernement pour “demander à l’État plus de policiers nationaux” en renfort. Cette stratégie globale a un but : “rassurer les Lillois tout en maintenant un équilibre entre fermeté et dialogue social”.

Végétaliser 70 rues supplémentaires à Lille

Arnaud Deslandes a aussi détaillé ses priorités pour le cadre de vie et la petite enfance. Il prévoit de végétaliser 70 rues supplémentaires dans Lille. Sur le plan social, le candidat souhaite ouvrir de nouvelles places en crèches tout en améliorant la “qualité pédagogique des activités périscolaires”. Son programme affiche une volonté claire : « aider les familles dans une société qui ne vise que la perfection”. Pour cela, il propose d’allonger le temps périscolaire jusqu’à 19h (contre 18h30 aujourd’hui) et d’ouvrir les centres de loisirs les week-ends afin de mieux s’adapter au rythme des parents.

A la fin de la réunion, Circonflex est allé discuter avec quelques personnes présentes. Parmi elles, Zoé, 40 ans et mère de deux enfants, qui a été très attentive aux mesures concernant l’accompagnement des parents : “Pour une maman qui termine le travail peu avant 19h, c’est rassurant de savoir que mes enfants sont toujours encadrés à l’école et de ne plus avoir la crainte d’être en retard”, confie-t-elle. D’autres, comme Franck, restent plus prudents sur le sujet de la sécurité ; il espère notamment que l’augmentation du nombre de policiers municipaux se fera dans le calme, « sans créer davantage de tensions ou de nuisances supplémentaires dans les quartiers ».

Pierre-Louis Vigier