Arthaud termine sa campagne à Lille

Nathalie Arthaud était ce mercredi à Lille. A l’aune du premier tour des Présidentielles, c’est la dernière ligne droite pour la candidate des « travailleurs ». Elle a tenu son dernier meeting au Gymnase, place Sébastopol.

Même si elle n’est pas comparable à un Zénith ou à un Bercy, la salle du Gymnase est comble. La candidate de Lutte ouvrière débute son discours en saluant la dizaine de sans-papiers présents et revendique « des papiers pour tous ! »

Il y a un problème : celui d’une minorité de riches qui s’accaparent ce que nous produisons collectivement

Nathalie Arthaud poursuit en critiquant un à un ses différents adversaires. A commencer par François Fillon qui est, selon elle, « le candidat des riches et du patronat ». Quant à Emmanuel Macron, elle le tacle d’un : « en 2 ans au gouvernement, il a fait passer deux lois anti-ouvrières », à savoir la loi Macron et la loi El Khomri, chacune source de controverses. Le candidat de la France Insoumise n’est pas épargné non plus : « Monsieur Mélenchon ne ferait pas mieux que Hollande ». Concernant Marine Le Pen, elle ne cesse de « s’attaquer aux migrants qui fuient la guerre ». Nathalie Arthaud est convaincue qu’il n’y a pas de problème d’immigration. « Le problème, dit-elle, ce n’est pas l’immigration ! C’est qu’il y a une minorité de riches qui s’accaparent ce que nous produisons collectivement ».

Ils ont besoin de nous pour manger.

La candidate du mouvement Lutte Ouvrière s’adresse aux ouvriers, artisans, petits commerçants, immigrés et chômeurs. Les patrons du CAC 40 « ont besoin de nous comme chauffeurs, majordomes… Même pour se faire à manger, ils ont besoin de nous ! ». Elle cite parmi eux Bernard Arnault, le propriétaire de LVMH. Bien qu’elle n’ait réuni que 0,56% des voix en 2012, soit le score le plus bas de Lutte Ouvrière à une élection présidentielle, elle espère convaincre davantage de monde cette année. Et ne lui parlez pas d’une union avec Philippe Poutou, le candidat du Nouveau Parti Anticapitaliste : pour elle, ces deux candidatures sont complémentaires et pèsent plus de poids qu’une seule.

J’interdirai les licenciements.

Si elle était élue à la tête de l’Etat, celle qui a succédé à Arlette Laguiller en 2012 commencerait par interdire les licenciements, ciblant en priorité les grandes entreprises. Pour la plupart des économistes, une telle mesure s’avérerait néanmoins inapplicable, celles-ci arrêtant tout simplement d’embaucher. La candidate Lutte Ouvrière n’en démord pas non plus : il faut mettre en place une société ouvertement communiste en « mettant fin à la propriété privée » et en réclamant « la réquisition de tous les grands groupes qui dirigent l’économie ».

Contre le chômage, Nathalie Artaud veut multiplier les postes dans la fonction publique comme dans les crèches et les hôpitaux. Pas un mot cependant sur l’éducation, un domaine fondamental pour la plupart de ses concurrents à la Présidentielle. Si elle estime que chacun devrait pouvoir vivre avec au minimum 1800 € par mois, le financement de toutes ses mesures sera resté, tout au long de sa prestation, étonnamment flou.

Olympe Bonnet

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