Les oiseaux chantent, les fleurs envahissent les étals, les terrasses sont de sortie… pas de doute, le printemps est de retour au Marché de Wazemmes.
Des bouquets à la main, les clients déambulent entre les stands colorés. “On a envie de mettre un peu de gaieté chez soi”, confie une passante en serrant des tulipes contre elle. Après les mois d’hiver, plus ternes et froids, le marché retrouve peu à peu son effervescence. “Dès qu’il y a du soleil, ça change tout,assure Jean, un fleuriste. Les gens déambulent, prennent leur temps… et ils achètent des fleurs, souvent sans raison particulière.” “C’est vraiment la saison où ça repart, poursuit-il en ajustant un bouquet. L’hiver, les gens viennent surtout pour le nécessaire. Là, ils se font plaisir.” Sur son étal, les couleurs attirent immédiatement le regard : jaune, rose, violet… “Les tulipes, c’est ce qui marche le mieux. Dès qu’elles arrivent, on sait que le beau-temps est de retour ! ».
« C’est pour soi »

Un peu plus loin, Marie, une autre commerçante observe le même phénomène. “Il y a des clients qu’on ne voit qu’à cette période”, raconte-t-elle. “Ils reviennent tous les ans, presque à la même date.” Pour elle, acheter des fleurs au printemps signifie tant de belles choses. “Ce n’est pas forcément pour offrir. C’est pour soi, pour la maison. C’est une manière de marquer le changement de saison.”
Mais les fleurs ne sont pas les seules à annoncer le retour des beaux jours. Sur d’autres étals, les produits de saison attirent eux aussi les regards. “Les fraises, ça y est, ça commence, lance un maraîcher. Dès qu’on les sort, les gens s’arrêtent.” Même si la saison ne fait que débuter, elles suscitent déjà l’envie. “On nous les demande depuis des semaines, ajoute-t-il en souriant. Pour beaucoup, fraises = printemps.”
« On sent que les gens ont envie de sortir »

Dans les allées, cette effervescence ne passe pas inaperçue. “Il y a clairement plus de monde” observe une cliente, panier au bras. On sent que les gens ont envie de sortir.” Une impression confirmée par les commerçants : “Le dimanche, ça devient noir de monde dès qu’il fait beau, explique l’un d’eux. Et ça ne se vide pas.”
Du côté des Halles de Wazemmes, le constat est le même. Dès onze heures, difficile de se frayer un chemin entre les tables. “On est complets beaucoup plus vite qu’en hiver” assure Renauld, un restaurateur. Les gens restent, ils mangent sur place, ils prennent leur temps.” Huitres ou plateau de fruits de mer, plats asiatiques ou planches de fromages… beaucoup de tout … pour tous les gouts. Le marché devient alors un véritable lieu de vie, bien au-delà des simples courses à la va vite.
« Ça fait du bien au moral »
Autre signe de ce changement de rythme : la durée même du marché. “En hiver, à 13h30, beaucoup remballent, explique William, un habitué. Là, à 14h30, il y a encore énormément de monde.” Les stands restent animés, les discussions se prolongent, et les derniers clients continuent d’affluer. “On ferme plus tard, tout simplement parce qu’il y a encore des gens”, confirme un commerçant.
Au fil des stands, le printemps s’installe ainsi autant dans les comportements que sur les étals. “Ça fait du bien au moral glisse Julie, une étudiante en médecine. On sort de l’hiver, on a besoin de couleurs, de voir du monde.” “Le printemps, on le voit dans les fleurs”, résume un vendeur en souriant. Puis il jette un regard à la foule encore dense autour de lui : “Mais surtout, on le voit dans les gens.”
Jeanne Marange


