Sorti le 21 octobre, le 50ᵉ film de DreamWorks raconte une amitié qui s’efface et passe au dessin 2D pour la montrer. Un pari réussi, même si l’aventure reste classique.
L’Île des souvenirsest réalisé par Joel Crawford et Januel Mercado, déjà associés sur Le Chat potté 2. C’est le 50ᵉ long-métrage de DreamWorks et le premier film original de Crawford après deux suites. Un projet très personnel : Mercado est américano-philippin, et l’épouse de Crawford est philippine.
L’histoire se passe aux Philippines, dans les années 1990. Jo et Raissa, amies depuis l’école primaire, viennent de finir le lycée et vont se séparer. Lors de leur dernière soirée, un portail les projette sur Nakali, une île peuplée de créatures du folklore philippin. Son nom vient du tagalog nakalimutan, « oublié » : plus elles y restent, plus elles oublient leur amitié, et le seul moyen de rentrer pourrait leur coûter tous leurs souvenirs.
Une mémoire qui change de dessin
La 3D s’inspire de la touche picturale du Chat potté 2, avec des influences de l’anime et du graphisme des années 1990. Pour les souvenirs, le film passe au 2D dessiné à la main. DreamWorks n’ayant pas de chaîne de production 2D, ces flashbacks ont été confiés à Snipple Animation, un studio philippin. Le choix est cohérent avec le sujet : un souvenir n’a pas le grain du présent, et le film le traduit en changeant de texture. Ces séquences rappellent les dessins animés des années 1980-1990. Dès la bande-annonce, une partie du public y voyait un simple « filtre anime » d’Hollywood ; le film répond en confiant ces scènes à des animateurs philippins.
Plus qu’une aventure
Derrière la fantasy, le film défend une culture rarement montrée par Hollywood. Avoir-alirey voit une réflexion sur les rapports, chargés de préjugés culturels, entre les Philippines et les États-Unis. Le film a pourtant ses défauts : l’aventure suit des chemins assez classiques, et certains critiques le jugent parfois épuisant.
Un accueil enthousiaste, mais des salles vides
Les critiques sont très bonnes (95 % sur Rotten Tomatoes), mais le public ne suit pas : 12,8 millions de dollars en ouverture aux États-Unis, 20,65 millions dans le monde, pour un budget d’environ 80 millions. Un film sur la peur d’oublier que le public semble déjà avoir laissé de côté : c’est peut-être sa plus grande injustice.
Photo DreamWorks Animation : Jo et Raissa, les deux héroïnes du film.
