Entre rires et larmes, le deuxième long-métrage de Rudi Rosenberg a bouleversé les spectateurs lors de son avant-première le mardi 13 octobre au UGC Ciné Cité Lille. Porté par Hafsia Herzi en rôle principal, ce récit familial explore la quête des origines, les blessures de l’absence et l’amour inconditionnel d’une mère.
Il y a des films qui nous font rire, d’autres qui nous font pleurer. « Quelques mots d’amour » fait partie de ces films qui mêlent les deux. Lors de son avant-première qui a eu lieu le mardi 13 octobre au UGC Ciné Cité Lille, les spectateurs sont passés par une multitude d’émotions, des rires aux larmes, emportés par une histoire à la fois touchante, drôle et profondément humaine.
Au cœur du récit, une jeune fille (Nour Salam & Ella Bedoucha) grandit auprès de sa mère et de son demi-frère (Aïdan Djouadi & Mateo Danila). Mais une absence occupe une place importante dans sa vie : celle de son père qu’elle n’a jamais connu. Malgré ce manque, elle nourrit un amour pour cet homme qu’elle idéalise sans savoir qui il est réellement. Le père est absent physiquement, mais sa place dans l’imaginaire de sa fille est immense, ce qui la détermine à le retrouver. Au cours des échanges avec le public, cette contradiction a d’ailleurs été soulignée : l’absence de cet homme est ce qui le rend si présent dans la vie de sa fille.
Si la recherche du père constitue le fil conducteur du récit, les échanges avec Hafsia Herzi permettent d’en découvrir une autre dimension essentielle : celle de la mère. Cette femme accompagne sa fille dans sa quête, alors qu’elle-même a aussi vécu les conséquences de cette absence.
Interrogée sur son jeu d’actrice, Hafsia Herzi propose une interprétation nuancée de son personnage. Pour elle, cette mère est avant tout une femme épuisée, qui tente de tenir malgré les épreuves. « Elle est au bout du rouleau, mentalement, physiquement », explique-t-elle aux spectateurs. La comédienne estime que la colère ne changerait pas la situation et que cette mère sait qu’elle ne peut pas empêcher sa fille de chercher des réponses. Elle choisit donc de l’accompagner, même si elle n’est pas forcément favorable.
« Elle a le droit de faire cette démarche, et c’est légitime. Et par amour, sa mère l’accompagnera car elle veut le bien de ses enfants. », résume l’actrice.
Hafsia Herzi insiste également sur ce qui constitue, selon elle, le véritable cœur du récit : « Ce n’est pas tant le sujet du papa, mais c’est plutôt l’amour de la mère. » Une réflexion qui donne au film toute sa profondeur. Car si l’absence paternelle est à l’origine de la quête, c’est bien la relation entre la mère et sa fille qui révèle la force des liens familiaux.
Le réalisateur, Rudi Rosenberg, revient sur la place de cette recherche dans le récit. Le choix de situer l’histoire dans les années 90 répond notamment à une nécessité narrative. Comme il l’explique « si l’action se déroulait à notre époque, la jeune fille aurait retrouvé son père en deux minutes sur les réseaux sociaux. L’histoire aurait alors perdu une grande partie de son cheminement. »
L’avant-première a également permis de découvrir quelques anecdotes sur les coulisses du tournage. Hafsia Herzi raconte avoir pris beaucoup de plaisir à travailler avec les enfants. « C’était très joyeux de travailler avec des enfants », confie-t-elle.
Au fil de la projection et des échanges avec l’équipe, « Quelques mots d’amour » révèle toute la richesse de son propos. Sous les apparences d’une quête familiale se cachent des questions universelles. Le film ne cherche pas à apporter des réponses toutes faites. Il invite plutôt à réfléchir à la place de chacun dans une famille, aux non-dits qui façonnent les relations et aux blessures que l’on apprend parfois à vivre sans jamais pouvoir les effacer complètement.
« Quelques mots d’amour » mérite d’être découvert sur grand écran. Le film sortira le 28 octobre. Une occasion de découvrir une histoire qui rappelle que l’amour ne se mesure pas seulement à ceux qui sont présents ou absents, mais aussi à ceux qui continuent de nous accompagner, malgré les difficultés et les blessures.
