À la rencontre de nos pilotes

L’Enduropale du Touquet arrive à grands pas. Les 2000 pilotes sont dans les starting blocks pour donner le meilleur d’eux même le jour J.  Circonflex Mag a rencontré deux pilotes amateurs qui courent l’Enduropale pour la première fois. Notre objectif : recueillir quelques informations sur leur parcours et leur état d’esprit avant le grand départ. Valentin Druez et Johann Lamour ont respectivement, 24 et 21 ans. Valentin vient de Seine et Marne, Johann est originaire de Bretagne.

Circonflex Mag : Qu’est-ce que vous faites dans la vie ?

Valentin Druez : Je suis technicien de maintenance dans une société d’électricité.

Johann Lamour : Je viens de rentrer en apprentissage en école d’ingénieur sur Rennes.

Comment vous est venue la passion de la moto ?

V.D : Je suis passionné de moto depuis mon enfance, j’ai commencé à 15 ans avec un cousin, mordu de moto lui aussi. J’ai dû arrêter un moment à cause d‘un problème de santé mais la passion a repris le dessus. Timotei Potisek (pilote décédé à l’âge de 25 ans à l’entrainement) est un de mes exemples, il m’a inspiré pour faire la course cette année.

J.L: Moi, personne ne m’a inspiré, j’ai ça dans la peau depuis que je suis petit, même si dans ma famille, personne ne pilote. J’ai commencé la moto à 18 ans dans un club (ASM Guisseny)… une fois que mes parents ont été d’accord !

Ne pas casser sa bécane, ne pas se blesser et finir la course.

Qu’est-ce que l’Enduropale du Touquet représente pour vous et quels sont vos objectifs ? Est-ce plus, pour vous, une compétition ou un évènement pour se retrouver entre amis ?

V.D : Cette année, je ne comptais pas aller à l’Enduro : l’an dernier, on m’a volé ma moto et ça m’a totalement démotivé. Finalement, avec un ami, nous avons beaucoup travaillé et on s’est décidé sur un coup de tête. L’Enduro, c’est l’occasion de se retrouver entre passionnés. On y va pour découvrir le format de la course. L’objectif, c’est d’y aller avec une moto d’origine et de faire 3 tours, ce qui est déjà pas mal.

J.L : Je ne suis jamais allé à l’Enduro,  je l’ai toujours suivie à la télé. L’Enduro, c’est l’idéal pour passer un week-end 100% moto. L’objectif, c’est de prendre du plaisir, ne pas casser sa bécane, ne pas se blesser, rouler à son rythme et finir les 3 heures de course. C’est une des plus grandes épreuves au monde sur sable, une course mythique aux conditions extrêmes. Le grand plus de cette course, c’est qu’elle est ouverte à tout le monde. En tant qu’amateur, rouler avec des pilotes du monde entier, quelle chance !

Valentin Bruez et sa moto.

Vous allez au Touquet avec quelle moto et pourquoi avoir choisi celle-ci ?

V.D : Je roule sur une Husqvarna 250 (250 cm3, la cylindrée d’une moto) depuis peu. Avant, j’avais une Yamaha 125 avant de découvrir Husqvarna. Je l’ai choisi car je me suis bien amusé avec la moto et c’est une concession à l’écoute.

J.L : La mienne, c’est une 250 4 temps YZF Yamaha (4 temps : se décompose en 4 temps moteur. Ce moteur a plus d’adhérence). C’est une puissance qui me convient. Avec une 450, c’est plus compliqué de tenir 3 heures. Je suis passé cette année en 4 temps.

Comment avez-vous financé votre matériel ainsi que le week-end au Touquet ?

V.D : Je n’ai eu aucune aide de ma famille. J’ai toujours travaillé pour obtenir mes équipements. Après le vol de ma moto, j’ai dû travailler plus dur pour en racheter une. Le choix des équipements est important, il en va de notre sécurité, il est donc important d’y mettre le prix.

J.L : Ma famille me soutient beaucoup et j’ai la chance qu’elle m’offre le matériel dont j’ai besoin. Mon budget pour participer à l’Enduropale est de 1000€, cela comprend l’inscription (300€), la préparation de ma moto ainsi que le logement et le trajet. Le prix des équipements et de la moto est à rajouter à cela. Je tiens à préciser que je n’ai pas acheté ma moto pour l’Enduropale mais qu’elle me servira pour ma saison ensuite.

Johann Lamour prêt à partir

Quel type de préparation avez-vous suivi (alimentaire, mentale, physique) ?

V.D : Au niveau de la préparation alimentaire, j’évite juste les Mc Do et les pizzas … Sinon, rien de spécial. Je fais beaucoup de sport, du vélo elliptique 1h tous les deux jours, de la course à pied. Je roule à moto le week-end car je travaille la semaine. La moto, il n’y a pas de secret, il faut rouler. On est allés s’entrainer à Loon-Plage plusieurs week-ends avec des amis. Je roule également au Moutars Club. Le président nous donne de précieux conseils.

J.L : Comme Valentin, je me suis entrainé à Loon-Plage avec des amis pour préparer l’Enduro. Depuis quelques mois, je ne roule que le samedi et le dimanche sur Brest, la semaine je poursuis mes études à Rennes. Je fais du vélo, de la course à pied après les cours et je vais 2-3 fois à la salle par semaine pour travailler le cardio. J’essaye de faire 2 à 3 heures de roulage moto par week-end. Au niveau alimentaire, je ne fais pas forcément attention, je ne veux pas changer mes habitudes pour la course.

Pas de sponsors, c’est souvent réservé aux professionnels.

Qu’est-ce qui vous plaît dans le motocross plutôt que la moto route ?

V.D : Je préfère rouler dans le sable et la terre, c’est beaucoup plus physique. Et puis la route, c’est dangereux.

J.L : Le style de pilotage est différent. J’ai le permis moto, je fais un peu de route pour me balader. Avec le motocross, je peux me lâcher, atteindre une grande vitesse. Je suis plus dans un esprit de compétition.

Êtes-vous accompagnés pour ce jour ?

V.D : Un ami vient m’aider pour mes ravitaillements. Pas de sponsors, c’est souvent réservé aux professionnels et il faut s’y prendre très tôt.

J.L : Mon père m’aide beaucoup en mécanique et sera là le jour de la course. Quand je roule le samedi et le dimanche, je n’ai pas le temps de préparer ma moto, mon père s’en occupe la semaine.

Vous avez fait des compétitions cette année pour vous mettre dans le bain ?

V.D : Cette année, la saison a été courte, bon nombre de courses ont été annulées. J’ai participé à une seule compet’, une course de prairie à Château-Landon.

J.L : J’ai dû faire une dizaine de courses en Bretagne. Avec ma préférée, la OSSE, une course de nuit en semi-nocturne sur un terrain éclairé de projecteurs.

Si vous voulez soutenir nos champions, voici leurs numéros de dossards, le 1219 pour Valentin et le 1039 pour Johann. Un bon moyen de les repérer durant la course.

Laurane Becquerelle

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